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L’espoir et la Tragédie – partie 1: l’avant première guerre mondiale

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Caroll Quinley n’est pas le premier venu. Il faisait partie de la conspiration. Il faut comprendre le titre de son ouvrage comme l’espoir d’un gouvernement global sous la main mise de la finance apatride et la (ou les) tragédie(s) nécessaire(s) pour y parvenir. Cela fait bien longtemps que je voulais m’atteler à écrire sur son ouvrage qui fait tout-de-même plus de 1300 pages. Il s’agit du deuxième tome sur l’histoire de l’humanité. Y est décrit l’histoire contemporaine depuis la fin du 19ème siècle jusqu’au début des années 60. L’ouvrage fut publié en 1966, c’est assez vieux donc, mais l’essentiel y est puisque ce que nous vivons n’est que le parachèvement de ce qui fut pensé de longue date et c’est cela qui est dévoilé à tout un chacun dans cet ouvrage, à la portée de tous. Comme le dit la jacket de l’ouvrage:

« Pour comprendre l’état d’esprit qui façonne ce monde, lisez le livre qui façonne leur état d’esprit »

Caroll Quinley, théoricien de l’évolution des civilisations, passe sa thèse à Harvard, enseigne à l’université de Princeton, Harvard, puis au département des services étrangers de l’université Gorgetown (d’où est issue pas mal de commissaires européens dont Barrosso et haut lieu de la formation des cadres de la CIA). Le professeur Quinley fut aussi consultant pour le département de la défense américaine, l’US Navy, ainsi que d’autres sociétés semi-secrètes. Théoricien du métissage et du relativisme, il déclare:

« Il est clair que l’Occident croit en la diversité plutôt que l’uniformité, le pluralisme plutôt que dans le monisme ou le dualisme, l’inclusion plutôt que l’exclusion, à la liberté plutôt que l’autorité, en la vérité plutôt que dans la puissance, la conversion plutôt que dans l’anéantissement, à l’individu plutôt que dans l’organisation, dans la réconciliation plutôt que dans le triomphe, l’hétérogénéité plutôt que de l’homogénéité, en relativismes plutôt que dans l’absolu, et dans les approximations plutôt que dans les réponses définitives. »

Nous allons voir ce qu’il entend par là. Regardons donc quelques extraits de l’opus sus-mentionné. On commence par ce que nombreux n’ont pas encore compris (l’ouvrage est disponible ici en pdf):

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C’est juste un petit rappel pour ceux qui n’avaient pas encore saisi le concept. C’est un peu cours, il faudrait apporter des arguments, vous allez me dire. On y vient. Petit détour en passant pour comprendre le désir des élites américaines d’interdire les armes à feu dans ce pays. D’autres en on parlé mieux que je ne saurais le faire. Ceci est juste pour confirmer quelle est l’intention derrière cette politique:

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Continuons notre lecture, et entrons dans le vif du sujet:

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Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous. Certes, mais c’est si joliment dit que je ne vous en aurait pas privé. C’est ainsi que la France de Napoléon, pourtant totalement entre les mains de la Banque (privée) de France, devait malgré tout perdre la guerre contre l’Angleterre… Pour une raison simple: qui se soumet en totalité, s’endette et scelle sa soumission. Mais, en contre partie, celui qui se soumet corps et âme reçoit les moyens de vaincre ceux qui ne se soumettent pas (ou moins).

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Peu à peu nous découvrons ainsi que ces forces obscures sont nés dans les monarchies et ont œuvré à leur remplacement par des instituions démocratiques beaucoup plus arrangeantes et dont la finalité est évidemment la destruction des nations.

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Bien sûr, la réalité des intentions doit être cachée du grand public. Tout doit se faire dans l’ombre, comme toute conspiration. Sinon, c’est la révolte assurée des peuples dont on planifie l’esclavage. Les centres d’intérêts des conspirateurs ? Comme on vient de le voir: les dettes des états et les antichambres secrètes du pouvoir.

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Alors pourquoi la démocratie est plus intéressante que la royauté ? Eh bien c’est très simple. En dehors du fait que les riches payent la campagne (publicitaire) électorale de ceux qui deviennent leur débiteurs, l’autre raison est la suivante. Le monarque qui a la charge du bien-être de son peuple doit être au fait de tous les tenants et aboutissants de son pouvoir et notamment son son financement. Or la démocratie permet de mettre au pouvoir des abrutis incompétents et corruptibles pour un temps limité (voir la vidéo de Chouard). Outre que cela permet une corruption plus importante, cela inaugure surtout le règne des « conseillers de l’ombre ». Ministère de l’agriculture ? Quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds dans un champ, ministère des transport ? Quelqu’un qui se fait conduire dans une voiture de fonction… Ministre de l’économie ? Se sera un ignorant total sur le fonctionnement monétaire… ou encore mieux, un banquier qui en la matière a la science infuse !

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Aux États-Unis, quelques uns de ces « conseillers de l’ombre » furent:

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A propos de quelques uns des personnages cités:

« This new and complete Revolution we contemplate can be defined in a very few words. It is outright world-socialism, scientifically planned and directed… »

  • Edward Grenfell, fut gouverneur de la Banque d’Angleterre et œuvra pour que tous les achats des Britanniques et des alliées aux américains durant la première guerre mondiale soient gérés exclusivement par la compagnie JPMorgan.
  • Willard Straight qui se fiança avec une fille de Théodore Roosevelt avant d’épouser une descendante de la famille Whitney (financiers philanthropes) était lui aussi membre de sociétés semi-secrètes telles que Delta Tau Delta (voir les membres ici) ou encore la Sphinx Head Society. membre du « prepardness movement » pour encourager et préparer les USA a entrer dans la guerre contre l’Allemagne 1914, il meurt à la « conférence de la paix » en 1919 là où se réunissait les vainqueurs de l’Allemagne.
  • Dwight Morrow, n’est pas mal dans le genre non plus. Multimillionnaire, membre de nombreuses multinationales entre les mains de JPMorgan, et ayant de bonnes connexions avec les hauts gradés de l’armée, il fut aussi ambassadeur au Mexique et réussi a convaincre le département d’Etat américain a soutenir militairement le gouvernement Calles dans l’éradication de l’église catholique au Mexique par des pillages massifs, viols, tortures et assassinats de prêtres, ainsi que la destruction d’églises, au nom de l’appel à la paix (on connait la technique).
  • Nelson Perkins, secrétaire d’État auprès de Théodore Roosevelt et représentant les intérêts de JPmorgan, il eu aussi un certain rôle à jouer dans l’histoire du Canal de Panama.
  • Russel leffingwell, à la tête du CFR de 1944 à 1953, membre de la Carnegie Corporation (Institution qui parmi tant d’autres favorise le « dialogue US-islam » pour une meilleure intégration de l’islam…
  • Elihu Root, lui c’est pas n’importe qui, prix Nobel de la Paix, membre des sociétés semi-secrète Sigma-Phi Society et Phi Betta Kappa Society, lui aussi un ardent défenseur de la paix qui œuvra pour la préparation des USA dans la guerre contre l’Allemagne (sic). Dès juin 1917 il fut très officiellement envoyé dans la très fraichement Russie bolchévique pour signer des accords de partenariat avec les US. Il fut par ailleurs un membre fondateur du CFR. J’en passe et des meilleures, membre de la Carnegie, favorable à la Société des Nations, etc, etc.
  • John W. Davis, membre des sociétés semi-secrètes Phi Kappa Psi, Phi Beta Kappa, franc-maçon, membre de Carnegie, de la fondation Rockfeller et surtout faisant parti du complot contre le gouvernement américain « buisness plot » dont j’avais déjà parlé . Il devient conseillé juridique auprès de JPMorgan lors de l’enquête du Sénat sur les origines de la crise de 1929, etc etc.
  • John Foster Dulles, secrétaire d’État américain sous Eisenhower, son frère était directeur de la CIA, supporteur de la Société des Nations, membre de la société semi-secrète Phi Beta Kappa, et de l’American Whig–Cliosophic Society. Spécialisé dans la finance internationale, il contribua au plan Dawes qui mit l’Allemagne à genoux mais qui permettait à la France et à la Grande Bretagne de rembourser leurs prêts auprès de Wall Street, dont il s’occupait personnellement. Il fut l’un des auteurs de la charte des Nations Unies et des promoteurs de l’OTAN. Il œuvra à la perte d’influence de la France, notamment au Vietnam. Architecte du Traité de l’Organisation de l’Asie du Sud, il fut aussi favorable à l’utilisation de la CIA pour renverser les gouvernement d’Amérique du Sud, notamment au Nicaragua. Il était aussi membre de Carnegie, de la fondation Rockefeller et membre fondateur du CFR, parmi d’autres.
  • Seymour Parker Gilbert, banquier à la solde de JPMorgan, il supervisait le remboursement de l’Allemagne, responsable de l’exécution du plan Dawes.

Je n’ai pas spécifié, mais la majorité d’entre eux étaient des protestants, voir des presbytériens. Mais encore une fois, il ne s’agissait que des agents du système bancaire. Les croyances des vraies patrons étaient un peu plus hétérogènes, et bien sûr, les banques centrales crées par les nations furent bien vite trustées:

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Bien sûr, puisque l’argent vient d’une petite clique très restreinte, tout (doit) découle(r) d’eux:

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Dans cette ambiance euphorique d’un pouvoir absolu grâce à l’illusion démocratique, la finance internationale n’a pas vu venir le péril nationaliste. C’est bien pour cette raison que celui-ci est aujourd’hui considéré comme le mal absolu. D’ailleurs, le régime de Vichy (entre autres) fut mis au banc (financier) des nations, tandis que des régimes comme le National Socialisme, pour rendre une certaine souveraineté au peuple s’allia avec le monde de entrepreneuriat (Siemens, Bosch et tant d’autres) qui cherchaient à s’émanciper de la main mise financière apatride. En outre, un autre grand entrepreneur, Ford, n’a pas mâché ses mots. Pour l’auteur, le « monopole capitaliste », c’est-à-dire la totalité des leviers politiques entre les mains de la finance apatride, est le seul moyen d’obtenir le bonheur… s’y refuser, c’est courir à l’échec.

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Depuis la naissance des nationalismes, et malgré la propagande de matraquage, la finance internationale fut durant le dernier siècle tenue en bride, ou du moins ne jouissait plus de toutes ses prérogatives passées (reconquises en quasi totalité depuis une vingtaine d’années). Pour l’auteur (qui appartient à cette élite apatride) l’hégémonie de la finance internationale d’avant la naissance du nationalisme militant est une époque dorée qu’il faut tendre a retrouver:

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Pour terminer, une des méthode évoquée pour retrouver ce passé doré, c’est l’usage du socialisme, ici dénommé progressisme (l’ouvrage étant édité en 1966, le terme « socialisme » n’était pas en odeur de sainteté aux US) pour assoupir les peuples:

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L’Europe telle qu’on nous la présentait il y a près de quarante ans: le ver était déjà dans le fruit

J’avais déjà écrit un long billet au sujet de la longue histoire de la trahison de nos élites européennes, depuis je suis tombé sur un document de 1978 qui résume tout à fait l’idéologie à l’œuvre depuis quarante ans maintenant. Petit décryptage:

Intro

L’auteure commence par une célébration de la culture européenne multi-millénaire depuis Athènes et Rome et… Jérusalem ! (Dans le texte, il faut comprendre Jérusalem comme le berceau de la culture chrétienne… bon, à l’époque l’Europe avançait à pas de loup, depuis les masques sont tombés).

Ensuite, l’auteure met l’accent sur ce qui rapproche chaque européen: l’appartenance à ce grand ensemble qu’est l’Europe. Pour l’instant, tout va bien. Mais le dévoiement arrive progressivement. Tout d’abord on nous parle des bienfaits de l’invasion barbare de l’empire romain (qui pourtant a contribué à sa chute !) en sous-entendant que de tels bienfaits pourraient être aujourd’hui les mêmes avec d’autres populations… C’est ainsi que nous est rapidement présenté le mythe de l’Andalous (je passe les détails dithyrambiques). Aujourd’hui on sait ce qu’il en est.
unEt de conclure par une énorme saloperie, pardonnez-moi l’expression: L’Europe n’a rien fait, mais s’est contenté de se laisser « enrichir » de l’extérieure.

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Nous sommes donc, aux yeux de l’Union Européenne, les éternels débiteurs des autres cultures. Finalement, l’idée que l’Europe n’est qu’un parasite qui n’a fait que prendre chez les autres n’est pas loin… D’ailleurs, la suite est logique: puisque nous devons tout aux autres, le « repliement nationaliste » est forcément délétère puisqu’il nous prive de notre enrichissement « historique »:

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Magnifique, n’est-ce pas ? Voilà donc l’idéologie européenne dans toute sa splendeur. Quel dommage que les masses n’aient pas été informées proprement du projet européen. Y aurait-il un soucis au niveau de l’information et des médias ? Je n’ose y croire. Plus loin, l’auteure en vient même à glorifier l’Église (et donc le seul et l’unique Vatican II, évidemment) dans son rôle précurseur:

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Il serait intéressant de connaître l’avis d’un catholique sur ce sujet. Pour ma part, Saint Benoit rêvait probablement d’une Europe catholique et non pas multi-confessionnelle et multi-ethnique… mais les voies de l’Union Européenne sont impénétrables…

Je passe tout un tas de blabla sur les langues européennes à propos desquelles le même schéma est appliqué avec des notions forts novatrice telles que « la multiple appartenance » ou encore « la multiple identité » (qui marque une certaine schizophrénie) ou bien « notre volonté de vivre dans les diversités les plus paradoxales mais unis (sic)« . Bref, l’union de la différence et la différence de l’union, à moins que se ne soit le contraire.

On a droit ensuite à un court descriptif (de quelques pages) de chacun des pays de l’Europe… Notons tout de même que pour la France, l’auteure parle de « races hétérogènes« . Il est vrai qu’en 1978 le politiquement correct ne s’était pas imposé, même à Bruxelles… Finalement, il retourne de toute cette prose que l’idée même de France est erronée car il n’y a en réalité aucune unité nationale et la France est bien plus une « Europe en miniature« . C’est bien le plan de l’Union Européenne que l’on retrouve là: promotion des régionalismes et éclatement des états comme cela est bien décrit dans l’ouvrage de Pierre Hillard.

Je vous laisse deviner ce qui est dis au sujet de l’Italie ou de l’Allemagne dont l’unité nationale est beaucoup plus récente… On l’a donc bien compris, quand il s’agit de l’Europe la culture rassemble les peuples, quand il s’agit des nations, c’est l’inverse. Comprenne qui pourra. L’Europe, c’est finalement un état qui s’ignore (mais un bon état, pas comme les ridicules et pitoyables états nationaux):
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Magnifique prose soviétique qui renvoie les nations européennes au rang de « provinces« … Même aux USA, on parle là bas « d’États unis » c’est-à-dire d’une union des États que l’on nous refuse pourtant ici. D’ailleurs les USA ont un pouvoir central qui s’est renforcé outrageusement depuis le 11/9 faisant ressembler de plus en plus le « pays de la liberté » en « pays des soviets« . Il n’y avait en effet que les soviets pour parler des « provinces polonaises » ou « ukrainiennes » en lieu et place de « Pologne » ou « Ukraine » et en attendant de les désigner par un simple numéro ? L’éradication de toute fierté nationale à la racine. Dans le nouvel ensemble la France et l’Allemagne de l’Europe sont identiques à l’Auvergne et la Picardie, deux provinces d’un même Etat. Une reconstruction historique annihilant toute réalité et au pouvoir destructeur phénoménal. Enfin, on l’aura compris tant cela est martelé, défendre sa nation ne peut être que l’œuvre « d’aliénés ». Je trouve ensuite la confirmation de mes lignes fraichement écrites:

septFinalement, on en vient aux résolutions à prendre. Que faire pour promouvoir l’Europe d’un point de vue culturel ? La solution découle directement de ce qui vient d’être dit:
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Il faut donc accentuer l’aspect européen de toutes les cultures régionales et minimaliser (voir détruire ?) le sens national de la culture. Une question vient poindre dans mon esprit malade, comment peut-on parler du bienfait des différences et vouloir en même temps les niveler par un idéel technocratique commun ? C’est toujours le même paradoxe (que d’aucun évite de voir) la promotion de la diversité par l’uniformisation… et sa conclusion qui ne semble gêner personne: nous sommes tous différents donc nous sommes tous identiques. Quand le dogme de l’égalité sévit…

On remarquera au passage « qu’il faut unir« . On ne se pose pas la question, non, non, non, l’union est un impératif absolu, c’est une évidence point barre. Hors de l’union point de salut ! D’ailleurs, tout ce qui s’oppose à l’union est « mortel » ! Mortel pour qui ? Pour les technocrates qui pointent à 20 000 euros par mois… pas de conclusion hâtive, je vous prie ! Mais attention, il faut se dépêcher (de peur que les peuples ne s’aperçoivent de l’escroquerie ?):

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Il faut donc se bouger les miches pour imposer ce « nouveau visage » à la société européenne et dont on sait aujourd’hui, près de quarante ans plus tard, à quoi il ressemble. C’est ainsi qu’un des moyens de détruire les cohésions nationales, pardon, je veux dire renforcer l’esprit européiste, c’est:

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On note au passage que l’attachement national est bénéfique lorsqu’il s’agit de migrants… Je crois qu’il n’y a rien à ajouter… Et d’enfoncer le clou, au cas où le message ne serait pas bien passé:

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Je remarque en passant la petite quenelle qu’on nous a glissé: l’Europe ne se ferait pas au bénéfice du Capital ? L’Europe ne se fait pas au bénéfice des nations (quel aveu!) c’est effectivement confirmé et de loin. Mais cela ne se ferait pas non plus au bénéfice du Capital ? Quelle bonne blague… C’était peut être une insertion pour rassurer les crypto-marxistes idiots utiles de l’Europe à l’époque ? Depuis, la ligne directrice de l’Europe c’est remboursement prioritaire des intérêts des dettes souveraines aux marchés financiers par des privatisations sans précédents. Voir cette vidéo magistrale où l’Europe aux ordres des marchés impose à la France l’abandon du CDI.

Pour finir, souvenez-vous de l’Europe au début des années 80… avant que toutes ces belles choses ne soient imposées de force aux gouvernements hypocritement consentants et financièrement intéressés… Voyez l’œuvre de destruction formidable dont cette idéologie a été le cheval de Troie tandis que partout ailleurs dans le monde et au même moment, les autres nations se sont renforcées (Chine, Inde, Brésil…). Décidément, merci l’Europe. De là à en conclure que tel était le véritable objectif…

Dans la logique de l’inversion accusatoire j’ai entendu la question suivante sur France Inter (sans rire): que faire pour que l’Europe cesse d’être le bouc-émissaire du mécontentement populaire ? Ma réponse : la dissoudre.

Cette conclusion du document est magnifique de réécriture historique de type soviétique. C’est vrai, il ne faut pas l’oublier, depuis Rome, l’Europe a vécu aux crochets des peuples du monde de manière parasitique jusqu’à la Renaissance… Une paille. Les racailles de banlieue ont bien intégré ce concept inculqué par l’UE… c’est peut être pour cela qu’ils doivent représenter l’homme idéal européen, c’est-à-dire la victime éternelle de l’Europe blanche parasite.

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L’Europe est donc la terre des hommes, de tous les hommes cela s’entend. Affirmer le contraire c’est être un élément décadent qu’il serait bon « d’éliminer« . L’auteure ne mentionne pas pourtant l’ouverture de camps pour de tels éléments, c’est regrettable, vous l’admettrez.

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Non, non, la main sur le cœur, nous a t-on promis, juré, craché, cela ne sera pas un melting-pot artificiel. On voit le résultat quarante ans plus tard. Il n’y a pas de lois pour mettre en prison de tels parjures ?

Petites citations pour la route:

Edmond de ROTHSCHILD,
dans la revue« Entreprise», du 18 juillet 1970 :

 « …une Europe politique fédérale où chaque individu s’identifiera à une province, que ce soit le Wurtemberg ou la Savoie, la Bretagne, l’Alsace-Lorraine ou le pays Wallon. Dansces conditions la structure qui doit disparaître, le verrou quidoit sauter, c’est la nation. »

Daniel COHN-BENDIT,
dans le journal «Le Monde», du 9 décembre 1975 :

« L’Europe pour moi, cela veut dire avant tout la liberté de circulation des idées, pour faire exploser les structures nationales et les vieux schémas. »

Bernard-Henri LÉVY,
dans le quotidien «France-Soir», du 24 avril 1979 :

« Je crois que les prochaines élections européennes ont un enjeu décisif. Bravo à tout ce qui peut contribuer à casser les mythologies réactionnaires de l’État-nation, du nationalisme cocardier, de la France du terroir, des binious et des folklores.»

Citations récupérées ici.

 

 

Mais cette idéologie vient encore de plus loin… Voir cette vidéo ARTE (et les quelques explications préalables)


Microcrédit et prix Nobel de la Misère… personne ne doit échapper au système.

Un prix Nobel de la paix, c’est déjà douteux (Elie Wiesel hoax, Obama en guerre avec deux pays, les casques bleus qui imposent les intérêts de l’oligarchie dans le monde, l’Union Européenne anti-démocratique, etc.). Quand en plus c’est quelqu’un qui est devenu multimillionnaire en faisant payer des pauvres, ça devient carrément d’un cynisme insupportable… De qui je parle ? De l’ineffable Muhammad Yunus.

Ce cher Muhammad, s’était préparé dans sa jeunesse à son futur rôle puisqu’il a remporté le prix d’acteur dramatique dans son collège. Et en effet, question drame, il est bon. Il avait tout pour séduire l’oligarchie dans son nouveau projet… Un noir à la maison blanche et… un musulman comme promoteur de la micro-finance, avec un petit prix Nobel de la paix pour la pub. Tout va bien.

Grâce à la micro-finance, certains acteurs financiers se rachètent une virginité « sociale » et « solidaire »… et ils en ont besoin. En France, l’un des organismes de micro-finance s’appelle ADIE.org. Ses partenaires: Banque populaire, Société Générale, JPmorgan, UBS, HSBC, Natixis, BNP, Allianz, AXA… Que des boites de finance internationale qui ont prouvées de longue date leur engagement hautement désintéressé.

La microfinance

La microfinance

Pourtant tout est dit, clairement, sans langue de bois. Malheureusement, le lavage intensif des cerveaux ne nous permet même plus de comprendre le sens des mots… Oui, tout est dit, sans trucages, sans camouflage… Les intentions sont clairement affichées. Petit exemple avec le documentaire « Le printemps des bonzaïs » produit par deux journalistes de rue89, qui passe de temps à autres devant les yeux éteints des étudiants en pédagogico-psycholo-sociolo-branlettologie dans les universités françaises décaties. Comme le disent naïvement les auteurs eux-mêmes: « Le documentaire a une visée pédagogique, c’est pourquoi nous visons en priorité les écoles, les facs, les entreprises…« . Il sont plein de bonne volonté ces petits mous du bulbe, c’est peut être le plus triste dans l’histoire. Comme on dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Je reprends un des extraits de l’entretient avec Yunus:

« Aujourd’hui, le microcrédit représente plusieurs milliards de dollars à travers le monde. Plus de 150 millions de personnes ont recours à la micro-finance. […] Il y a une quantité de personnes qui n’ont toujours pas accès à la micro-finance parce qu’elle ne s’est pas encore assez développée. C’est notre défi: connecter le monde entier à la micro-finance pour que personne n’en soit exclu.« 

Oui, en effet, tout est là. Rien à ajouter, rien à enlever. Et pourtant, qui aura compris ?

  • Explication:

Aujourd’hui, pour nombre de français moyens, difficile de vivre sans compte en banque. Difficile de ne pas payer pour avoir le droit d’utiliser une carte bancaire, des prélèvements automatiques pour EDF, internet, l’eau, les assurances, etc. sans parler d’obtenir un prêt. Aujourd’hui, il est impossible de vivre sans compte en banque pour un salarié. C’est-à-dire sans être d’une part raquetté et à la merci de nos débiteurs (c’est un comble !) et d’autre part sans être sous la coupe d’une étude minutieuse de services de renseignement ou marketing pour savoir ce que nous achetons/mangeons/écoutons/lisons via les transferts électroniques…

Or, des centaines de millions de personnes pauvres travaillent à travers le monde sans compte en banque, en gérant du cash au jour le jour, sans enrichir les banquiers, sans payer de dettes (en dehors de l’inflation qui est une dette indirecte) et sans exister dans les bases de données des services de renseignements de tout genre… Ce qui est, il est vrai, inacceptable pour l’oligarchie. Historiquement, la naissance du micro-crédit vient d’une volonté de résorber ce problème croissant.

Alors, certes, je pourrais parler des scandales à répétition des dérives de la micro-finance qui ont amenés ça et là des familles entières, que dis-je, des villages entiers dans un gouffre et une multiplication des suicides, surtout en Inde. Mais ce n’est pas le vrai problème. Comme le dit Attali (lui même à la tête d’un organisme de micro-finance),

« La micro-finance ça marche très bien, c’est très efficace, mais il faut des lois […] Je suis confiant en l’avenir: la micro-finance est présente dans 80 pays et a un potentiel de croissance énorme puisqu’il y a 150 millions de bénéficiaires et qu’il y a un potentiel de 6 à 700 millions »

Et il a tout-à-fait raison, dans l’ensemble le micro-crédit ça marche bien. On a compris, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Certes il y a des abus, mais le but du jeu n’est pas d’asphyxier les populations (en tous cas pas à court terme), il s’agit plutôt de les tenir en laisse pour qu’elles puissent rembourser plus ou moins dignement leur dette, c’est-à-dire fournir une rente à ceux qui se gavent sur le travail des autres.

Par ailleurs (hou que c’est étrange) ceux qui se font les pourfendeurs de la pauvreté ne disent rien, et même au contraire, encouragent la privatisation des biens publics, l’exploitation des ressources naturelles par des multinationales sans foi ni loi dans tous les pays, l’exploitation de main d’œuvre servile dans les pays pauvres, le dumping social induit (les pays sont des hôtels !). Si l’on voulait lutter contre la pauvreté, on sait pourtant bien comment agir… mais non. Pour lutter contre la pauvreté on nous impose d’étendre la finance aux pauvres. Belle oxymore.

Et puis, il y a aussi un autre intérêt à la micro-finance: les plus démunis ne protestent pas, ils courbent l’échine (qui s’en soucierait d’ailleurs ?) et les médias ne parlent pas d’eux (sauf si le nombre des morts dépasse un certain seuil, et encore…). De plus, globalement il y a un sacré paquet de fric à se faire, avec des taux de remboursement qui frisent les 100% et des taux d’intérêts inégalables ailleurs qui ne sont d’ailleurs plus annualisés mais mensualisés !

Exemple, vous empruntez 600 euros à 15% et vous remboursez 150 euros par mois:

  1. 600 + 600*0,15 – 150 = 540
  2. 540 + 540*0,15 – 150 = 471
  3. 471 + 471*0,15 – 150 = 391,65
  4. 391,65 + 391,65*0,15 – 150 = 300,4
  5. 300,4 + 300,4*0,15 – 150 = 195,46
  6. 195,46 + 195,46*0,15 – 150 = 74,78
  7. 74,78 + 74,78*0,15 – 86 = 0

En sept mois, vous aurez remboursé 986 euros, la banque aura gagné 386 euros. C’est plutôt rentable. Un prof d’économie a calculé que pour un taux fixe mensuel de 15% on peut obtenir un taux effectif annuel de 180%.

Ce marché alléchant créé d’ailleurs de nouvelles armées de vautours, les vocations de micro-socialo-solidarité fleurissent. Les grandes fortunes ne s’y trompent pas non plus. Faire payer les pauvres ça rapporte suivant l’adage, « ce sont les petits ruisseaux qui font les rivières« . Quand il y a des centaines de millions de petits ruisseaux… ça devient phénoménal.

Le problème, c’est que la dette c’est toujours la même chose, pour rembourser il faut bien prendre l’argent quelque part… C’est une histoire sans fin, une patate chaude que l’on se refile. C’est le chacun pour soit, la compétition pour la survie, le monde de la jungle, l’abolition des solidarités, le darwinisme sociétale si cher à ceux qui défendent l’égalité devant les caméras mais qui connaissent la réalité des lois de la nature (comprenne qui pourra).

La plus grande preuve de la mascarade, c’est que ceux qui développent le microcrédit sont, parmi tant d’autres: Citygroup, UBS, la Société Généralela banque populaire, Barclays, JPmorgan… en fait elles y sont toutes, même Goldman Sachs ! Toutes sont connues pour leur singulier « travail social et solidaire ». La bonne blague.

  • Conclusion:

Ne nous leurrons pas… l’enchainement est pour tous et partout. Quelque soit notre condition, nos revenus, notre terre d’attache (je ne dis plus nationalité c’est devenu un gros mot) personne ne pourra y échapper.

« C’est notre défi: connecter le monde entier à la micro-finance… que personne ne doit être exclu du système bancaire »


Citation n°1

Je tenterais, dans les jours à venir de fournir de temps en temps, les extraits d’un ouvrage dont je ne citerais pas le titre. Libre à vous de chercher de quel ouvrage il s’agit (cela ne devrait pas être trop difficile). A la fin, peut être, j’en indiquerais l’origine.

Extrait 1:

Qu’est-ce qui a contenu les sauvages bêtes de proie, que nous appelons hommes ? Par quoi ont-ils été gouvernés jusqu’à ce jour ? Aux premières époques de la vie sociale, ils étaient soumis à la force brutale et aveugle, puis ils se soumirent à la loi, qui n’est, en réalité, que la même force masquée. Cette constatation me mène à déduire que, de par la loi naturelle, le droit réside dans la force.

[…]

Nous fûmes les premiers, jadis, à crier au peuple : « Liberté, Égalité, Fraternité », ces mots si souvent répétés, depuis lors, par d’ignorants perroquets, venus en foule de tous les points du globe autour de cette enseigne. À force de les répéter, ils ont privé le monde de sa prospérité et les individus de leur vraie liberté personnelle si bien protégée naguère contre la populace qui voulait l’étouffer.
Les […] soi-disant sages et intelligents ne discernèrent pas combien étaient abstraits ces mots qu’ils prononçaient et ne remarquèrent point combien ils s’accordaient peu les uns avec les autres et même se contredisaient.
ils ne virent pas qu’il n’est aucune égalité dans la Nature qui créa elle-même des types divers et inégaux d’intelligence, de caractère et de capacité. De même en est-il pour la soumission aux lois de la Nature.

[…]

Notre appel « Liberté, Égalité, Fraternité » amena dans nos rangs, des quatre coins du monde, grâce à nos agents inconscients, des légions entières qui portèrent nos bannières avec extase. Pendant ce temps, ces mots, tels autant de vers rongeurs, dévoraient la prospérité […], détruisaient leur paix, leur fermeté et leur union, ruinant ainsi les fondements des États. Comme nous le verrons plus loin, ce fut cette action qui amena notre triomphe. Elle nous donna, entre autres choses, la possibilité de jouer notre as d’atout : l’abolition des privilèges, en d’autres termes, l’existence de l’aristocratie […], seule protection qu’avaient contre nous les nations et les pays.


« Maitre Weishaupt, les choses avancent bien »

Les disciples du fondateur de la célèbre secte pour élite (en était-il vraiment le fondateur ? …vaste question) ont du faire fonctionner ardemment leurs petites cellules grises… Pour finaliser les plans du maitre. Barruel, toujours ridiculisé, jamais démentit. Dévoilons ici les mystères des derniers degrés, morceaux choisis.

 

Les mémoires de Barruel - (cliquez pour commander, si le cœur vous en dit.)

 

Témoignage d'un ancien adepte

Trois siècle av. J.C. Platon nous apporte un éclairage précieux: « Lorsqu’un peuple assoiffé de liberté se trouve des échansons qui lui en verse autant qu’il souhaite, jusqu’à l’enivrer, il arrive qu’on appelle des despotes les gouvernements empressés de satisfaire les exigences de leurs sujets toujours plus exigeants. Il arrive que celui qui se montre discipliné soit décrit en terme d’homme sans caractère et de serviteur. Il arrive que le père effrayé finisse par traité ses fils comme des pairs et qu’il ne soit plus respecté, que le maître n’ose plus réprimander ses élèves et qu’ils se moquent de lui, que les jeunes revendiquent les mêmes droits que les vieux, et que les vieux acceptent de les leur accorder pour ne pas paraître trop sévères. Sous un tel climat de liberté, au nom de celle-ci, il n’y a plus de respect ni d’égard pour personne. Et au sein de cette licence pousse et se développe une mauvaise herbe: la tyrannie« . République – livre VIII. Il est aussi à noter que Platon remarque judicieusement que la plupart des tyrans attribuent un caractère divin à leur pouvoir. Une telle politique ne peut mener qu’à une seule chose… la terreur

Témoignage d'un ancien adepte... 4 ans avant la révolution française

Une vision d'avenir ? Le retour à la nature... la bête humaine

Peu de Besoin voilà le premier pas vers la liberté. C’est pour cela que les sauvages sont au suprême degré les plus éclairés des hommes, et peut être aussi les seuls libres. Avec un peu d’imagination (un tout petit peu), on peut supposer que pour parvenir au retour de l’homme sauvage, les disciples du maitre n’ont pas eu à chercher bien loin la doctrine qui leur en donnerai les moyens.

Oui, je sais, c'est devenu aussi courant que les suppressions d'emplois. Un lien ? Ouest France 10/02/2011

 


Histoire de la Chute de la Yougoslavie. Entre extrémisme religieux et dette nationale: premier coup d’essai d’une élite financière

Cette fois-ci je traduis un texte de Michel Chossudovsky, professeur d’économie à Ottawa. Mais avant de lui laisser la parole, je voudrais vous présenter l’histoire de la chute de la Yougoslave sous un angle original. (puisque je ne l’ai jamais vue abordée ainsi). Présentation qui viendra éclairer les propos de Chossudovsky.

En 1987, la Yougoslavie est au bord du précipice (dans lequel elle tombera en 1991). Tandis que certains n’ont pas peur de décrire Sarajevo comme un exemple merveilleux de multiculturalisme, l’état plonge chaque jour d’avantage dans une compétition de revendications identitaires et une dette publique qui explose.

Le principe est somme toute assez simple: mettez des cultures inconciliables ensemble, laissez prospérer la pauvreté, vous obtiendrez un cocktail explosif que certains pourraient qualifier de situation idyllique. En effet, vous pourrez écouler vos stocks d’armes et de drogues (« Cataclysme criminel énorme » titrait l’Humanité), mais le plus important: vous pourrez trouver une main d’œuvre servile, survivant en travaillant pour un salaire de misère (près d’un cinquième de la population au chômage et un salaire moyen de 236 euros en janvier 2000) ou vous pourrez encore verser une aide financière en contrepartie d’importations massives de produits issus de vos propres entreprises. Bref, les perspectives sont alléchantes pour la finance internationale.

Toujours est-il que la dette (d’un particulier ou d’un état) provient d’un organisme financier préteur. Qui détenais la dette Yougoslave en 1987 ?

Extrait (New York Time, 25 sept 1987):  « La Yougoslavie a demandé aux banques de l’Ouest un délai pour le remboursement de ses 20 milliards de dollars de dette en attendant qu’un accord de restructuration à long terme soit négocié […] Les paroles du gouverneur adjoint de la Banque nationale, Slobodan Stanojevic, furent rapportées selon ces termes  »En même temps, la Banque nationale a demandé aux banques commerciales étrangères – nos créanciers – par le biais de la Fiducie Manufacturers Hanover de New York…  » (vous noterez au passage le coup de la restructuration… ça sonne étrangement moderne, non ?)

Voilà donc l’organisme qui « gère » la dette Yougoslave en 1987, le Manufacturers Hanover de New York… qui est à sa tête ?

Extrait (New York Time 6 juillet 1986) « Mr. Hauge, président de la Manufacturers Hanover Trust Company et conseiller économique du Président Dwight D. Eisenhower. […] sa femme était vice présidente et directrice de J. Walter Thompson. »

Ouvrons une parenthèse. J. Walter Thompson est la plus grosse boite de pub aux USA et la 4ème dans le monde, rachetée en 1987 par WPP, le plus gros groupe de communication du monde qui possède entre autre Ogilvy – du nom du faux héro que le personnage d’Orwell dans 1984 doit inventer pour la propagande officielle – agence qui, entre autre, mena la campagne de Ségolène Royale pour la présidentielle, mais qui s’occupe aussi de l’image de la FEMA aux USA (agence qui s’occupe des catastrophes, et notamment d’une possible guerre civile et de la mise en place de camps pour la detention des civils, signe que ce qui s’est passé en Yougoslavie est prévu aussi au USA). Ogilvy par ailleurs vole l’état américain: après son témoignage qui envoya deux cadres d’Ogilvy en prison pour avoir surfacturé leur « prestations », Joseph Burke, ancien directeur d’Ogilvy fut licencié. Bref, refermons la parenthèse.

Au mariage de la fifille au papa Hauge, il y avait un certain « Mr. Crenshaw, géologiste à l’Amoco Production Compagny […] et membre de Phi Beta Gamma. »

Deux points intéressants: l’Amoco est l’une des compagnies issue du démantèlement de la Standard Oil en 1911 en vertu de la loi anti-trust (donnant entre autre Exxon, Chevon ou Esso). La Standard Oil fut fondée par Rockefeller (le patriarche de la dynastie, qui fut l’homme le plus riche de tous les temps). Phi Beta Gamma est un club vraiment sympa (La femme de Dick Cheney, Kissinger, Bush, Woolsey (ancien numéro 1 de la CIA), Rice, Clinton en font aussi parti.)

Dès 1975, Hauge était plutôt bien entouré. « Rockefeller, Harimann, […] H. Ford vinrent avec 246 autres invités au diner donné par H. Kissinger. […] Hauge chuchotait son message à Alan Greenspan, président du Conseil économique, puis à Arthur Burns, président de la Réserve fédérale. » (TIME, 10 novembre 1975)

En 2004, la manufacturers Hanover Trust companyfusionnait avec l’empire financier JPMorgan – Rockefeller. « 11/13/2004 Convert Federal JPMorgan Chase Bank, National Association« . Bref, on retrouve toujours les mêmes… Il n’y a pas à dire, la Yougoslavie était entre de bonnes mains.

Pour le volet islam radical et métissage, on peu entendre aujourd’hui « Sarajevo : un exemple de multiculturalité pour l’Europe » comme le clame l’association « Adil Zulfikarpasic » pro musulmans bosniaque invité par UETD brusels un organisme pro Turque qui milite pour la réforme de l’état Belge avec des arguments tels que « quand le premier ministre Belge entonne la marseillaise c’est un dégât incommensurable« . A leur cotés, on observe une schizophrénie (ou hypocrisie) occidentale: Les avions d’agences militaires américaines privées ont permis de ramener d’Iran des combattants djihadistes. Izetbegovic, élu président de la Bosnie en 1990 après la désintégration de la Yougoslavie avait une vision de l’islam qui a fait tâche d’huile dans la région. Dans sa déclaration islamique de 1970, il déclare:

« Il n’y a pas de paix, ni de coexistence entre la religion islamique et les institutions sociales non-islamiques […]. Le mouvement islamique doit et peut prendre le pouvoir dès qu’il est normalement et numériquement fort, à tel point qu’il puisse non seulement détruire le pouvoir non-islamique, mais qu’il soit en mesure d’être le nouveau pouvoir islamique. »

Izetbegovic obtint l’adoubement international de ceux là même qui avaient contribué à le sortir de prison grâce à leur politique économique. A noter qu’Izetbegovic pronait officiellement une Yougoslavie multi-ethnique… On retrouve toujours les discours du double langage dans la bouche des individus défendant ces idées délétères en Europe depuis près de quarante ans.

L’histoire se renouvela avec le Kosovo. Une enquête a été demandé par le congrès américain sur le soutien apporté aux djihadistes par le gouvernement Clinton. Un véto fut opposé à l’enquête. Pourtant le KLA, soutenu par l’intelligentsia de la maison blanche et donc par l’OTAN, n’etait pas un enfant de coeurPour les anglophones, voir cette vidéo exceptionnelle (de 1995) réalisée par Skynew.

Voilà pour l’introduction. Comme je l’ai montré, ce sont les mêmes ingrédients que l’on applique désormais à l’Europe de l’Ouest. Tandis que les tenants du modèle néo-libérale nous expliquent que notre système solidaire est la raison de sa propre faillite… (Pour comprendre les retombées néo-libérales dans les pays de l’ex-Union soviétique voir ici et ). L’article ci-dessous nous montre pourquoi la guerre civile yougoslave était nécessaire, utilisée comme paravent d’une réalité économique délétère tandis que, discrètement, les états sont dépossédés de leurs droits fondamentaux et entièrement placés sous la tutelle des instances financières internationales.

Au sujet de l’auteur de l’article ci-dessous: Professeur d’économie à l’université d’Ottawa (Canada), conseiller économique auprès des gouvernements des pays en développement, consultant pour des organisations internationales dont le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Banque de développement d’Afrique, l’Institut africain des Nations Unies pour le Développement Economique et de Planification (AIEDEP), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), l’Organisation internationale du Travail (OIT), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et la Commission économique des Nations Unies pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC).

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De: chosso@travel-net.com (M Chossudovsky)

Démantèlement de l’ancienne Yougoslavie, recoloniser la Bosnie

par
Michel Chossudovsky

L’auteur est professeur d’économie à l’Université d’Ottawa.
Copyright by Michel Chossudovsky, Ottawa, 1996. Ce texte peut être affiché. Demander l’autorisation pour la publication sous forme imprimée à l’auteur:
E-Mail: chosso@travel-net.com, fax: 1-613-7892050.

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Alors que les troupes de l’OTAN lourdement armés imposent la paix en Bosnie, la presse et les politiciens décrivent l’intervention occidentale en ex-Yougoslavie comme une noble et terriblement tardive réponse à la flambée des massacres ethniques et des violations des droits de l’homme. Dans le sillage des accords de paix de Dayton de novembre 1995, l’Occident est avide de peindre son auto-portrait en sauveur des Slaves du Sud et de se concentrer sur « le travail de reconstruction » des nouveaux États souverains.

Mais suite à un modèle établi depuis l’avènement de la guerre civile, l’opinion publique occidentale a été induit en erreur. La sagesse conventionnelle, illustrée par les écrits de l’ancien ambassadeur américain en Yougoslavie Robert Zimmermann, est que la situation des Balkans est le résultat d’un nationalisme «agressif», le résultat inévitable de profondes tensions ethniques religieuses enracinées dans l’histoire. (1) De même, beaucoup a été dit au sujet de « l’arène politique des Balkans » et du choc des personnalités: « Tudjman et Milosevic ont mis la Bosnie-Herzégovine en pièces » (2).

Les causes économiques et sociales du conflit proviennent d’une noyade dans un flot d’images et d’analyses qui ne  justifient qu’elle même. La crise économique profonde qui a précédé la guerre civile a longtemps été oubliée. Les  intérêts stratégiques de l’Allemagne et les États-Unis en établissant les bases de la désintégration de la Yougoslavie passé sous silence, tout comme le rôle des créanciers extérieurs et des institutions financières internationales. Aux  yeux des médias du monde entier, les puissances occidentales ne sont pas responsables de l’appauvrissement et de la  destruction d’une nation de 24 millions de personnes.

Mais grâce à leur domination du système financier mondial, les puissances occidentales, à la poursuite de leurs « intérêts stratégiques » collectifs et individuels ont aidé depuis le début des années 1980, à mettre l’économie yougoslave à genoux, contribuant à attiser les conflits sociaux et ethniques latents. Aujourd’hui, les efforts de la communauté financière internationale sont destinés à « aider les États successeurs de la Yougoslavie ravagée par la guerre ». Pourtant, alors que l’attention du monde se concentre sur les cesser-le-feu et autres mouvements de troupes, les créanciers et les institutions financières internationales s’occupent du travail de collecte de la dette extérieure de l’ex-Yougoslavie, tout en transformant les Balkans en un refuge pour la libre entreprise.

Adopté en plusieurs étapes depuis le début des années 1980, les réformes imposées par les créanciers de Belgrade a fait des ravages économiques et politiques qui conduisent à la désintégration du secteur industriel dont la pièce maitresse et le démantèlement de l’Etat providence Yougoslave. En dépit de la politique de non-alignement de Belgrade et de ses importantes relations commerciales avec les États-Unis et la Communauté européenne, l’administration Reagan avait ciblé l’économie yougoslave en 1984 dans une Directive  « secrète sur un sujet sensible » sur la Sécurité Nationale (NSDD 133) intitulé « Politique des Etats-Unis envers la Yougoslavie ». Une version censurée de ce document, déclassifié en 1990, conforte en grande partie une précédente décision (NSDD 54) sur l’Europe publié en 1982. Ces objectifs inclus  « d’intensifié les efforts pour promouvoir une révolution «tranquille» afin de renverser les gouvernements  communistes et leurs partis » …en réintégrant les pays de l’Europe de l’Est dans l’orbite du marché mondial (3).

Les tendances sécessionnistes alimentées par les divisions sociales et ethniques, ont gagné du terrain précisément au cours d’une période d’appauvrissement brutal de la population yougoslave. La première phase de la réforme macro-économique lancé en 1980, peu avant la mort du maréchal Tito « a fait des ravages économiques et politiques […] par un ralentissement de la croissance, une accumulation de la dette extérieure et particulièrement le coût du service publique ainsi que la dévaluation a entraîné une chute du niveau de vie de la classe moyenne yougoslave […] La crise économique menace la stabilité politique […] Elle menace également d’aggraver les tensions ethniques latentes ». (4) Ces réformes s’accompagnent de la signature des accords de restructuration de la dette avec les créanciers officiels et commerciaux également contribué à affaiblir les institutions de l’Etat fédéral et de créer des divisions politiques entre Belgrade et les gouvernements des républiques et provinces autonomes. « Le Premier ministre Milka Planinc, qui devait mener à bien le programme, a dû promettre le FMI une augmentation immédiate du taux d’escompte et beaucoup plus encore pour l’arsenal de mesures reaganienne […]. » (5)

Après la première phase de la réforme macro-économique en 1980, la croissance industrielle a chuté à 2,8% dans la période 1980-87, plongeant à zéro en 1987-88 et à -10% en 1990.(6) Les réformes économiques ont atteint leur apogée sous le gouvernement pro-américain du Premier ministre Ante Markovic. À l’automne 1989, juste avant l’effondrement du mur de Berlin, le gouvernement fédéral du premier ministre s’était rendu à Washington pour rencontrer le président George Bush. Un « paquet d’aide financière » a été promis en échange de réformes économiques radicales, y compris une nouvelle monnaie dévaluée, le gel des salaires, une réduction drastique des dépenses publiques et l’abrogation de la propriété sociale des entreprises en vertu de l’autogestion. (7) Les « traitements économiques »  (lancé en Janvier 1990) ont contribué à ébranler l’État fédéral. Les recettes de l’État qui auraient alimenter les républiques et provinces autonomes ont été utilisées pour le remboursement de la dette de Belgrade via les « club de Paris » et « club de Londres« . Les républiques ont été largement laissées à elles-mêmes ce qui aggrava le processus de fracturation politique. D’un seul coup, les réformateurs avaient réalisé l’effondrement de la structure fiscale fédérale et mortellement blessé son institution politique fédérale. Le FMI a induit une crise budgétaire créant un « un fait économique accompli » ouvrant grand la voie à la sécession Croate et Slovène de Juin 1991.

L’accord avec le FMI

Le programme économique a été lancé en Janvier 1990 sous l’égide du FMI (Stand-By Arrangement ou SBA) et un de la Banque mondiale avec son Prêt d’ajustement structurel (SAL II). Les compressions budgétaires exigeant la redirection des revenus fédéraux au service de la dette ont été propices à la suspension des subventions de Belgrade aux gouvernements des républiques et provinces autonomes alimentant ainsi le processus de balkanisation politique et la sécession. Le gouvernement de Serbie a purement et simplement rejeté le programme d’austérité de Markovic conduisant à une protestation de 650.000 travailleurs serbes contre le gouvernement fédéral. (8) Le mouvement syndical a été unis dans cette lutte: « la résistance des travailleurs dépasse les frontières ethniques, Serbes, Croates, Bosniaques et Slovènes se sont mobilisés […] coudes à coudes avec leurs collègues.« ( 9)

Réformes des entreprises de 1989

Les réformes sur les entreprises de 1989 adoptées par le premier ministre Ante Markovic ont jouées un rôle crucial pour le pilotage du secteur industriel en faillite. En 1990, le taux annuel de croissance du PIB s’est effondré à -7,5% (10). En 1991, le PIB a encore diminué de 15%, la production industrielle s’est effondrée de 21%(11). Le programme de restructuration exigé par les créanciers de Belgrade était destinée à abroger le système des entreprises collectivisées. La Loi sur l’entreprise de 1989 abolit les « organisations d’associations de travailleurs (Baol) » (12). Ces derniers consistaient en des unités de production collectives auto-gérées disposant d’un Conseil d’ouvriers comme principal organe de décision. En 1989 le nouveau droit des entreprises transformait les Boals en entreprises privées capitalistes où le Conseil d’ouvriers était remplacé par un soi-disant « Conseil social » sous le contrôle des propriétaires de l’entreprise et de ses créanciers. (13) « L’objectif était de soumettre l’économie yougoslave à la privatisation massive et au démantèlement du secteur public. Qui veillait à sa mise en œuvre ? La bureaucratie du Parti communiste, et plus particulièrement son bras armé et son organe de renseignement offrirent leur soutien à la politique économique qui imposa le sabordage de la protection sociale de la classe ouvrière yougoslave.« (14)

Refonte du cadre juridique

Un certain nombre de lois ont été mis en place hâtivement grâce à l’assistance d’avocats et de consultants de l’Ouest. Ainsi, une loi sur les banques fut promulguée afin d’en finir avec l’approche sociale des « banques associées« . Plus de la moitié des des banques du pays furent ainsi démantelées, l’accent fut mis sur la formation « d’institutions indépendantes à but lucratif »(15). En 1990, l’ensemble du «système bancaire à trois niveaux», composé de la Banque nationale de Yougoslavie, des banques nationales des huit républiques et des provinces autonomes ainsi que des banques commerciales, a été démantelé sous la supervision de la Banque mondiale (16). [A mettre en parallèle avec l’actualité ? Entre le premier janvier et la mi-avril 2010, les autorités de régulation américaines ont saisi les avoirs de 51 banques « en faillite ». ndlt] Un plan d’ajustement financier se négociait en 1990 à la Banque mondiale. Il devait être adopté par le gouvernement de Belgrade en 1991…

Programmation de la faillite

Les entreprises industrielles furent soigneusement classifiées. En vertu des réformes imposées par le FMI et la Banque mondiale, le crédit au secteur industriel ont été congelé en vue d’accélérer le processus de faillite. les soit-disant « mécanismes de sortie » ont été établi en vertu des dispositions de la loi de 1989 sur des opérations financières (17). Celle-ci stipulait que si une entreprise devait rester insolvable durant 30 jours consécutifs, ou durant 30 jours sur une période de 45 jours, une assemblée avec ses créanciers devait être organiser dans les 15 jours en vue de parvenir à un règlement. Ce mécanisme a permis aux créanciers (y compris les banques nationales et étrangères) à convertir systématiquement leurs prêts en une participation majoritaire dans les entreprises insolvables. En vertu de la Loi, le gouvernement n’a pas été autorisé à intervenir. Dans le cas où un règlement n’est pas atteint, les procédures de faillite ne sont engagées que dans le cas où les travailleurs ne reçoivent pas normalement leurs indemnités de départ (18).

En 1989, selon des sources officielles, 248 entreprises ont été piloté en faillite ou ont été liquidées et 89 400 travailleurs ont été licenciés (19). Au cours des neuf premiers mois de 1990, immédiatement après l’adoption du programme du FMI, 889 autres entreprises totalisant une main-d’œuvre de 525 000 travailleurs ont été soumis aux procédures de faillite (20). En d’autres termes, en moins de deux ans « le mécanisme de déclenchement » (en vertu de la Loi sur les opérations financières) a conduit à la mise à pied de plus de 600.000 travailleurs (sur une main-d’œuvre industrielle totale de l’ordre de 2,7 millions). Les plus grandes concentrations d’entreprises en faillite et de licenciements ont été réalisé en Serbie, en Bosnie-Herzégovine, en Macédoine et au Kosovo (21).

De nombreuse entreprises collectives ont tenté d’éviter la faillite en ne payant pas leurs salariés. Un demi-million de travailleurs, soit environ 20% de la main-d’œuvre industrielle n’ont pas été payés pendant les premiers mois de 1990, afin de répondre aux demandes des créanciers en vertu des procédures de « règlement » stipulées dans la loi sur les organismes financiers. Les gains réels ont été en chute libre, les programmes sociaux se sont effondrés, avec les faillites des entreprises industrielles le chômage est devenu endémique, créant au sein de la population une atmosphère de désespoir. »Lorsque M. Markovic a finalement commencé sa « privatisation programmée », les oligarchies républicaines, qui y voyaient toutes leur propre « renaissance nationale » choisir la guerre plutôt qu’un véritable marché yougoslave et l’hyperinflation, ce qui permit de déguiser les véritables causes de la situation économique catastrophe » (22).

En janvier 1990 le FMI parraina une réforme qui contribua sans équivoque à une augmentation des pertes précipitant de nombreuses entreprises à la faillite, parmi lesquelles les plus grandes entreprises de production d’électricité, de machines, d’ingénierie, des entreprises chimiques et de raffinage de pétrole. En outre, avec la libéralisation du régime commercial de janvier 1990, une inondation de produits importés ont contribué à déstabiliser davantage la production nationale. Ces importations ont été financés par des emprunts octroyés au titre du programme du FMI (ie. les diverses « prêts à décaissement rapide » accordé par le FMI, la Banque mondiale et les donateurs bilatéraux à l’appui des réformes économiques)[ou comment prêter de l’argent qui revient à leur donateur tout en laissant la victime endettée. Le processus de mise en esclavage par « l’aide financière » apportée aux pays endettés est désormais bien connu. ndlt]. Tandis que l’euphorie des importations a généré l’accumulation de la dette extérieure yougoslave, la hausse brutale des taux d’intérêt et les prix d’entrée imposés aux entreprises nationales a accéléré le déplacement et l’exclusion des producteurs nationaux de leur propre marché national.

« Le dégraissage des travailleurs excédentaires »

La situation qui prévaut dans les mois précédant la sécession de la Croatie et de la Slovénie (Juin 1991) (confirmée par les chiffres de faillite 1989-90) souligne l’ampleur et la brutalité des processus de démantèlement industriel. Les chiffres, toutefois, apportent une image partielle, n’illustrant la situation qu’au début du « programme faillite ». Celui-ci s’est poursuivie sans relâche durant toute la période de la guerre civile et ses conséquences inéluctables… De semblables programmes de restructuration industrielle ont été imposés par les créanciers extérieurs sur les Etats successeurs de la Yougoslavie.

La Banque mondiale a estimé qu’il y avait encore en Septembre 1990, 2435 entreprises « déficitaires » sur un total restant de 7531. (23) En d’autres termes, ces 2435 entreprises avec un effectif combiné de plus de 1,3 millions de travailleurs ont été classés comme « insolvable » en vertu des dispositions de la Loi sur les opérations financières, ce qui nécessitait la mise en œuvre immédiate des procédures de faillite. Ayant à l’esprit que 600.000 travailleurs avaient déjà été licenciés par les entreprises en faillite avant Septembre 1990, ces chiffres indiquent que quelque 1,9 millions de travailleurs (sur un total de 2,7 millions) avaient été classés comme « inutiles ». La « faillite » des entreprises concentrées dans l’énergie, l’industrie lourde, la transformation des métaux, les forêts et les textiles étaient parmi les plus grandes entreprises industrielles du le pays représentant (en Septembre 1990) 49,7% du total de la main-d’œuvre industrielle. (24)

Politique de désagrégation

Soutenant à de larges intérêts stratégiques, les mesures d’austérité avaient jeté les bases de « la recolonisation » des Balkans. Lors des élections multipartites de 1990, la politique économique a été au centre du débat politique, les coalitions séparatistes ont évincé les communistes en Croatie, en Bosnie-Herzégovine et en Slovénie.

Suite à la victoire décisive en Croatie du parti de droite  « Union démocratique » en mai 1990 sous la direction de Franjo Tudjman, la séparation de la Croatie recevait l’assentiment formel de l’Allemagne via son ministre des Affaires étrangères M. Hans Dietrich Genscher, qui était en contact presque quotidien avec son homologue croate de Zagreb (25). L’Allemagne était non seulement favorable à une sécession mais essayait aussi de « forcer le rythme de la diplomatie internationale » en faisant pression sur ses alliés occidentaux pour qu’ils accordent une reconnaissance à la Slovénie et à la Croatie [lire à ce sujet « Minorités et régionalisme dans l’Europe fédérale des régions, enquête sur le plan allemand qui va bouleversé l’Europe » ndlt.] Les frontières de la Yougoslavie ne sont pas sans rappeler la Seconde Guerre mondiale, lorsque la Croatie (y compris les territoires de Bosnie-Herzégovine) fut un satellite de l’Axe sous le régime fasciste Oustachis: « l’expansion allemande a été accompagnée d’une montée du nationalisme et de la xénophobie […] L’Allemagne cherchait, à travers ses alliés, à poursuivre librement la domination économique de l’ensemble de la Mitteleuropa.« (26) « Washington, d’autre part, promulguait une unité utopique en encourageant le développement démocratique… [la secrétaire d’Etat américaine] Baker déclara [au président de la Croatie] Franjo Tudjman et [au président] slovène Milan Kucan que les États-Unis ne sauraient encourager ou soutenir une sécession unilatérale […] mais s’ils voulaient leur indépendance, il leur demanda de le faire par un accord négocié. » (27)

La reconstruction d’après-guerre

Les réformes économiques actuellement imposées aux « Etats successeurs » [l’article est rédigé en 1996, ndlt] sont un prolongement naturel et la poursuite de celles déjà mis en œuvre dans la Yougoslavie fédérale. À la suite tragique d’une guerre brutale et destructrice, les perspectives de la reconstruction des républiques nouvellement indépendantes apparaissent sombres [La guerre du Kosovo n’a pas encore éclatée ! ndlt]. Malgré un silence total de la presse sur le sujet, le rééchelonnement de la dette fait partie intégrante du processus de paix. L’ex-Yougoslavie a été dépecée sous l’étroite surveillance de ses créanciers extérieurs, la dette extérieure a été soigneusement répartie et attribués aux républiques. Les programmes de privatisation mis en œuvre sous la supervision des bailleurs de fonds, ont contribué à une nouvelle étape de la dislocation économique et de la paupérisation de la population. Le PIB a diminué de près de 50% en quatre ans (1990-93) (28).

En outre, les dirigeants des nouveaux Etats souverains ont pleinement collaboré avec les créanciers: « Tous les dirigeants actuels de l’ex-république yougoslaves ont été des fonctionnaires du Parti communiste et chacun à son tour de répondre avec empressement aux exigences de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, d’autant plus pour remporter la course aux prêts d’investissement et les avantages substantiels du leadership […] L’industrie et la machinerie étatique ont été pillés par les fonctionnaires. On montre que les « entreprises privées » sont gérées par des membres de la nomenklatura » (29).

Au moment même où les combats faisaient rage, la Croatie, la Slovénie et la Macédoine avait entamé des négociations de prêt distinct avec les institutions de Bretton Woods. En Croatie, le gouvernement du président Franjo Tudjman signa en 1993 un accord avec le FMI. Les coupes budgétaires massives mandatées en vertu de l’accord contrecarrèrent les efforts de la Croatie à mobiliser ses propres ressources productives, compromettant ainsi la reconstruction d’après-guerre. Le coût de la reconstruction de l’économie croate ravagée par la guerre a été estimé à quelque 23 milliards de dollars, nécessitant un afflux de nouveaux emprunts à l’étranger. En l’absence de « remise de dette « , le fardeau de la dette de Zagreb sera un poids à porter pour une bonne partie du 21e siècle.

En échange de prêts étrangers, le gouvernement du président Franjo Tudjman a accepté de réformer et de passer des mesures engendrant d’autres fermetures d’usines et d’autres faillites, conduisant à des salaires atteignant un niveau incroyablement bas. Le taux de chômage officiel est passé de 15,5% en 1991 à 19,1% 1994 (30). Zagreb a également institué une loi beaucoup plus stricte sur les faillites, ainsi que sur les procédures pour « le démembrement » des grandes entreprises publiques de services publics. Selon sa « lettre d’intention » adressées aux institutions de Bretton Woods, le gouvernement croate avait promis de restructurer et de privatiser complètement le secteur bancaire avec l’aide de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque mondiale. Ces derniers ont également demandé aux croates l’ouverture du marché des capitaux de manière à accroître la pénétration des investisseurs institutionnels et sociétés de courtage des pays de l’Ouest.

En vertu de l’accord signé en 1993 avec le FMI, le gouvernement de Zagreb, suivant la politique budgétaire et monétaire, n’a pas été autorisé à mobiliser ses propres ressources productives. Ces dernières ont été fermement  placées sous le contrôle de ses créanciers extérieurs. Les coupes budgétaires massives exigées en vertu de l’accord avaient devancé la possibilité de la reconstruction d’après-guerre. Celle-ci ne pouvant être réalisée que grâce à l’octroi de l’argent frais étranger, un processus qui alimente encore la dette extérieure que la Croatie devra supporter au 21ème siècle. Le coût de la reconstruction de l’économie ravagée par la guerre en Croatie a été estimée à quelque 23 milliards de dollars …

La Macédoine a suivi un parcours économique similaire. En Décembre 1993, le gouvernement de Skopje a décidé de comprimer les salaires réels et de geler les crédits en vue d’obtenir un prêt dans le cadre du FMI Systemic Transformation Facility (FTS). De manière inhabituelle, le magnat multi-milliardaire George Soros a participé au groupe de soutien international composé du gouvernement des Pays-Bas et de la Banque of International Settlements basée à Bâle. L’argent fourni par le Groupe n’était cependant pas destiné à la « reconstruction », mais plutôt à permettre à Skopje de rembourser les arriérés de la dette envers la Banque mondiale. (31)

En outre, en contrepartie d’un rééchelonnement de la dette, le gouvernement du Premier ministre macédonien Branko Crvenkovski a dû consentir à la liquidation du reste des entreprises « insolvables » et à la mise à pied des travailleurs « inutiles » – comprenant les employés de la moitié des entreprises industrielles du pays. En tant que vice ministre des Finances, Hari Kostov sobrement noté, avec des taux d’intérêt atteignant des niveaux astronomiques en raison des réformes bancaires financés par les donateurs, qu’ « il était matériellement impossible de trouver une entreprise dans le pays qui serait en mesure de couvrir […] [ses] coûts. »( 32)

Dans l’ensemble, le programme économique du FMI constitua pour la Macédoine la continuation du « programme de la faillite » lancé en 1989 pour la Yougoslavie fédérale. Les actifs les plus rentables sont maintenant en vente sur le marché boursier macédonien, mais cette vente aux enchères des entreprises collectives a conduit à l’effondrement industriel et au chômage endémique.

Pourtant, malgré la destruction systématique de l’économie et la désintégration des écoles et des centres de santé au titre des mesures d’austérité, le ministre des Finances Ljube Trpevski informa fièrement la presse que « la Banque mondiale et le FMI ont placé la Macédoine parmi les nations les plus performantes au regard des réformes actuelles. » Le chef de la mission du FMI en Macédoine, M. Paul Thomsen, reconnaît que « les résultats du programme [de stabilisation dans le cadre du] STF ont été impressionnants » apportant un crédit particulier et confortant « la politique efficace des salaires », adopté par le gouvernement de Skopje. (33)

Reconstruction de la Bosnie-Herzégovine

Avec le retour de la paix en Bosnie, obtenu visiblement par les armes OTANiennes, l’Occident dévoila son programme de « reconstruction » qui dépouilla totalement la Bosnie-Herzégovine de sa souveraineté économique et politique. Ce programme consiste en grande partie à développer la Bosnie-Herzégovine comme un territoire divisé sous l’occupation militaire de l’OTAN et de l’administration des pays de l’Ouest. [Sur le rôle de l’OTAN comme armée globale, écoutez le discours donné aux soldats US, ndlt]

En accord avec les accords de Dayton de Novembre 1995, les États-Unis et l’Union européenne ont installé une administration coloniale à part entière en Bosnie. A sa tête fut nommé le Haut Représentant (HR) M. Carl Bildt, ancien Premier ministre suédois et représentant européen dans les négociations de paix en Bosnie [sujet de nombreuses controverses, notamment pour ses activités d’hommes d’affaires et les conflits d’intérêts induits – entre autre connecté à Gazprom – et son approche très pro-Israël – il soutient l’idée d’écarter le Hamas de la table des négociations (confirmant mon sentiment qu’une islamisation de la Palestine est désirée), ndlt.]. Le HR a les pleins pouvoirs exécutifs dans tous les domaines civil et a le droit de passer outre les gouvernements de la Fédération de Bosnie et les Serbes de Bosnie de la Republika Srpska. Le HR agit en liaison étroite avec le haut commandement militaire IFOR ainsi qu’avec les organismes donateurs.

Une force de police civile internationale est sous l’autorité d’un commissaire expatrié nommé par le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, M. Boutros Boutros-Ghali, disposant de quelque 1.700 policiers venus de quinze pays dont la plupart n’ont jamais mis les pieds dans les Balkans, et qui ont été envoyés en Bosnie après une formation de cinq jours à Zagreb.

Tandis que l’Occident souligne son soutien à la démocratie, l’Assemblée parlementaire mis en place en vertu de la « Constitution » finalisée en vertu des Accords de Dayton, agit largement comme un « tampon ». Derrière la façade démocratique, le pouvoir politique réel est entre les mains d’un « gouvernement parallèle » dirigé par le Haut Représentant et géré par des conseillers expatriés.

De plus, la Constitution issue des accords de Dayton remet les rênes de la politique économique entre les mains des institutions de Bretton Woods et de la banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) basée à Londres [banque crée sur une idée de Mitterrand en 1991 pour « aider » les anciennes républiques soviétique, ndlt]. L’article VII stipule que le premier gouverneur de la Banque centrale de Bosnie-Herzégovine doit être nommé par le FMI et « ne doit pas être un citoyen de Bosnie-Herzégovine ou d’un État voisin »

Tout comme le gouverneur de la Banque centrale est une personne nommée par le FMI, la Banque centrale n’est pas autorisé, en vertu de la Constitution, à fonctionner comme une banque centrale: « Pendant les six premières années […] il ne favorisera pas le crédit par la création de monnaie, opérant ainsi comme une caisse d’émission monétaire. » (article VII). Le nouvel Etat « souverain » successeur n’a ni le droit d’avoir sa propre monnaie (l’émission de monnaie papier sera autorisée uniquement lorsqu’il y a une équivalence de monnaie étrangère en réserve), ni le droit de mobiliser ses ressources internes. Comme dans les autres républiques, sa capacité à auto-financer sa reconstruction (sans accroître considérablement sa dette extérieure) est émoussé dès le départ…

La gestion de l’économie bosniaque a été soigneusement répartie entre les organismes donateurs: tandis que la Banque centrale est sous la garde du FMI, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) est à la tête de la Commission des entreprises publiques, qui supervise les opérations de toutes les entreprises du secteur public, comprenant l’énergie, l’eau, les services postaux, les routes, les voies ferrées, etc. Le président de la BERD nomme le président de la Commission, qui supervise également la restructuration du secteur public. Ce qui signifie concrètement la vente des biens d’État appartenant à la collectivité et l’acquisition des actifs de long terme par les fonds d’investissement.

On ne peut pas éluder une question essentielle: la Constitution de Bosnie, formellement ratifiée entre les chefs d’État à Dayton est-elle vraiment une constitution? Un sombre et dangereux précédent vient d’être créé dans l’histoire des relations internationales: les créanciers occidentaux ont incorporé leurs intérêts dans une Constitution écrite à la hâte. D’après celle-ci, les postes de direction au sein de l’Etat bosniaque doivent être détenus par des non-citoyens, nommés par les institutions financières de l’Ouest. Aucune assemblée constitutionnelle, aucune consultation avec les organisations citoyennes de Bosnie-Herzégovine, aucune modification constitutionnelle n’est possible…

Le gouvernement estime que les coûts de la reconstruction en Bosnie atteindra 47 milliards de dollars. Les donateurs occidentaux ont promis 3 milliards de dollars en prêts pour la reconstruction, mais seulement 518 millions de dollars ont été octroyés en Décembre 1995, dont une partie est destinée (selon les termes des Accords de paix de Dayton) à financer les coûts civils locaux imputés à la Force militaire OTANnienne (IFOR), ainsi qu’à rembourser les arriérés de la dette aux créanciers internationaux.

En un tour de passe-passe, « de nouveaux prêts » ont été conçus pour rembourser des « dettes anciennes ». La Banque centrale des Pays-Bas a généreusement fourni un « financement provisoire » de 37 millions de dollars. L’argent, toutefois, est destinée à permettre à la Bosnie de rembourser ses arriérés au FMI, une condition sans laquelle le FMI n’aurait pas autorisé le prêt d’argent frais. (35) Il y a un paradoxe cruel et absurde [pas absurde pour tout le monde, ndlt]: le prêt obtenu auprès du FMI nouvellement créé, nommé « Fenêtre de secours » et destiné aux pays dits de « post-conflit » ne seront pas utilisés pour la reconstruction d’après-guerre. Au lieu de cela il devront être utilisé pour rembourser la Banque centrale des Pays-Bas qui a lâché de l’argent afin de régler en premier lieu les arriérés du FMI… Tandis que la dette s’accumule, aucune nouvelle ressource financière n’afflue en Bosnie pour reconstruire son économie ravagée par la guerre…

Les multinationales ont un œil sur les champs pétrolifères de Bosnie

les gouvernements et les sociétés occidentales montrent plus leur intérêt pour l’accès aux ressources naturelles stratégiques que leur engagement à la reconstruction de la Bosnie. Des documents entre les mains des croates et des Serbes de Bosnie indiquent que les gisements de pétrole et de charbon ont été identifiées sur le versant oriental des Dinarides, une région rebelle repris aux Serbes de Bosnie Krajina par l’armée croate durant l’offensive finale précédent les accords de paix de Dayton. Les représentants bosniaques rapportent que la compagnie Amoco basée à Chicago [voir mon introduction plus haut, ndlt] a, parmi de nombreuses autres entreprises étrangères, entreprit des recherches exploratoires en Bosnie. L’Ouest est soucieuse de développer ces régions: « La Banque mondiale – et les multinationales qui conduisent les opérations – sont [août 1995] réticents à divulguer leurs derniers rapports d’exploration aux gouvernements combattant tandis que que la guerre continue. » (36) En outre, il y a aussi des « gisements de pétrole substantiel dans la zone tenue par les Serbes de Croatie, de l’autre côté de la rivière Sava, dans la région de Tuzla« .(37) Cette dernière, en vertu de l’Accord de Dayton, est sous l’autorité de l’armée américaine qui a son siège à Tuzla.

La partition territoriale de la Bosnie entre la Fédération de Bosnie-Herzégovine et les Serbes de Bosnie de la Republika Srpska, en vertu des Accords de Dayton, prend ainsi une importance stratégique, les 60.000 soldats de l’OTAN sur place pour « imposer la paix » administre la partition territoriale de la Bosnie-Herzégovine en conformité avec les intérêts économiques occidentaux.

La souveraineté nationale est dérogé, l’avenir de la Bosnie est décidé à Washington, à Bonn et à Bruxelles plutôt qu’à Sarajevo… Le processus de « reconstruction » basé sur le rééchelonnement de la dette est plus susceptible de plonger la Bosnie-Herzégovine (ainsi que les autres républiques de l’ex-Yougoslavie) dans l’état d’un pays du Tiers-Monde.

Alors que les dirigeants locaux et les intérêts occidentaux se partagent les dépouilles de l’économie yougoslave, la fragmentation du territoire national et l’enracinement des divisions socio-ethniques dans la structure de la partition est utilisé comme rempart à une résistance unie des Yougoslaves de toutes origines ethniques contre la recolonisation de leur patrie.

Remarques finales

la restructuration macro-économique appliquée en Yougoslavie en vertu de l’agenda politique néolibérale a clairement contribué à la destruction de tout un pays. Pourtant, depuis le début de la guerre en 1991, le rôle central de la réforme macro-économique a été soigneusement négligée et niée par les médias mondiaux. Le « marché libre » a été présenté comme la solution, la base de la reconstruction d’une économie dévasté par la guerre. Un histoire détaillée de la guerre et du processus de « pacification » a été présenté par la presse grand public. L’impact social et politique de la restructuration économique en Yougoslavie a été soigneusement écartée de notre conscience sociale et de la compréhension collective de « ce qui s’est réellement passé ». Divisions culturelles, ethniques et religieuses sont mis en évidence, présenté dogmatique comme la seule cause de la crise alors qu’en réalité elles sont les conséquences [elles sont l’autre versant de l’artillerie utilisée pour démanteler les nations ! ndlt] d’un processus beaucoup plus profond de fracturation économique et politique.

Cette « fausse perception » a envahi toutes les sphères de discussion et de débat critique [en 1996, à l’époque où l’auteur écrit ces mots quiconque parle du rôle néfaste des agences financières internationales est accusé de « conspirationnisme ». Depuis Seattle est passé par là. ndlt]. Elle ne masque que la vérité, elle nous empêche également de connaître précisément les événements historiques. En définitive, elle fausse les véritables sources de conflits sociaux. L’unité, la solidarité et l’identité des Slaves du Sud ont leur fondement dans l’histoire, mais cette identité a été contrarié, manipulé et détruite.

La ruine d’un système économique, y compris la reprise des actifs productifs, l’extension des marchés et « la lutte pour le territoire » dans les Balkans constituent la cause réelle du conflit. Ce qui est en jeu en Yougoslavie, ce sont les vies de millions de personnes. Les réformes macro-économiques ont détruit leurs moyens de subsistance, viole leur droit au travail, à se nourrir, à posséder un abri, détruit leur culture et leur identité nationale… Les frontières sont redéfinis, l’ensemble du système juridique est remanié, les entreprises collectives sont vouées à la faillite, le système financier et bancaire est démantelé, les programmes sociaux et les institutions sont détruites…

Rétrospectivement, il est utile de rappeler les réalisations économiques et sociales de la Yougoslavie dans la période post-guerre (avant 1980): la croissance du PIB était en moyenne de 6,1 par an sur une période de vingt ans (1960-1980), il y avait des soins médicaux gratuits avec un médecin pour 550 habitants, le taux d’alphabétisation était de l’ordre de 91% et l’espérance de vie était de 72 ans (37)

La Yougoslavie est un « miroir » de la restructuration économique et des programmes similaires appliqués non seulement dans les pays en développement, mais aussi ces dernières années aux États-Unis, au Canada et en Europe de l’Ouest… « Une forte médication économique » est la réponse apportée. A travers le monde, les gens sont amenés à croire qu’il n’y a pas d’autre solution: les entreprises doivent être fermées, les travailleurs doivent être licenciés et les programmes sociaux doit être réduits… C’est dans le contexte qui précède que la crise économique en Yougoslavie doit être compris. Poussé à l’extrême, les réformes en Yougoslavie sont le reflet d’un « modèle économique » cruellement destructeur, imposé par l’agenda néolibéral, sur les sociétés nationales à travers le monde.

(1). Voir le compte rendu de Warren Zimmermann (ancien ambassadeur américain en Yougoslavie), « Le dernier ambassadeur, un mémoire de l’effondrement de la Yougoslavie », Affaires étrangères, Vol 74, numéro 2, 1995.

(2). Milos Vasic et al, « War Against Bosnia », Vreme News Digest Agency, No. 29, 13 April 1992.

(3). Sean Gervasi, « Germany, US and the Yugoslav Crisis », Covert Action Quarterly, No. 43, Winter 1992-93.

(4). Ibid

(5). Dimitrije Boarov, « A Brief Review of Anti-inflation Programs, the Curse of Dead Programs », Vreme New Digest Agency, No. 29, 13 April 1992.

(6). World Bank, Industrial Restructuring Study, Overview, Issues and Strategy for Restructuring », Washington DC, June 1991, p. 10 and 14.

(7). Sean Gervasi, op cit.,

(8). Ibid.

(9). Ralph Schoenman, « Divide and Rule Schemes in The Balkans », The Organiser, 11 September 1995.

(10). World Bank, op cit., p. 10. The term GDP is used for simplicity, yet the concept used in Yugoslavia and Eastern Europe to measure national product is not equivalent to the GDP concept under the (Western) system of national
accounts.

(11). See Judit Kiss, Debt Management in Eastern Europe, Eastern European Economics, May-June 1994, p. 59.

(12). World Bank, op cit

(13). Ibid, p. viii.

(14). Ralph Schoenman, « Divide and Rule Schemes in The Balkans », The Organiser, 11 September 1995.

(15). For further details see World Bank, Yugoslavia, Industrial Restructuring, p. 38.

(16). Ibid., p. 38.

(17). Ibid., p. 33.

(18). Ibid., p. 33

(19). Ibid, p. 34. Data of the Federal Secretariat for Industry and Energy, Of the total number of firms, 222 went bankrupt and 26 were liquidated.

(20). Ibid., p. 33. These figures include bankruptcy and liquidation.

(21). Ibid, p. 34.

(22). Dimitrije Boarov, op. cit.

(23) World Bank, Industrial Restructuring p. 13. Annex 1, p. 1.

(24). « Surplus labour » in industry had been assessed by the World Bank mission to be of the order of 20 percent of the total labour force of 8.9 million, –ie. approximately 1.8 million. This figure seems, however, to grossly underestimate the actual number of redundant workers based on the categorisation of « insolvent » enterprises. Solely in the industrial sector, there were 1.9 million workers (September 1990) out of 2.7 million employed in enterprises classified as insolvent. See World Bank, Yugoslavia, Industrial Restructuring, Annex 1.

(25). Sean Gervasi, op. cit., p. 65

(26). Ibid., p. 45

(27). Zimmermann, op. cit.

(28). Figure for Macedonia, Enterprise, Banking and Social Safety Net, World Bank Public information Center, 28 November 1994.

(29). Ralph Schoenman, « Divide and Rule Schemes in The Balkans », The Organiser, 11 September 1995.

(30) « Zagreb’s About Turn », The Banker, January 1995, p. 38.

(31) See World Bank, Macedonia Financial and enterprise Sector, Public Information Department, November 28, 1995.

(32) Statement of Macedonia’s Deputy Minister of Finance Mr. Hari Kostov, reported in MAK News, April 18, 1995.

(33) Macedonian Information and Liaison Service, MILS News, 11 April 1995.

(34) See International Monetary fund, Bosnia and Herzegovina becomes a Member
of the IMF, Press Release No. 97/70, Washington, December 20, 1995.

(35) Frank Viviano and Kenneth Howe, Bosnia Leaders Say Nation Sit Atop Oil Fields, The San Francisco Chronicle, 28 August 1995. See also Scott Cooper, « Western Aims in Ex-Yugoslavia Unmasked », The Organizer, 24 September 1995.

(36) Viviano and Howe, op cit.,

(37) World Bank, World Development Report 1991, Statistical Annex, tables 1 and 2, Washington DC, 1991.


Comment l’islam radical est manipulé par une certaine élite de la finance

Si comme certains observateurs le suggère, bien innocemment, la montée de l’intégrisme religieux en France se résume par une recherche de sens pour les jeunes laissés pour compte,  pour d’autres il signifie bien plus. Il y a derrière ce phénomène une volonté destructrice qui vient de plus loin.

La France, pionnière des lumières a une longue tradition d’un amour de vivre bien particulier à travers sa gastronomie et ses vignobles, mais aussi et surtout à travers ses penseurs. La France a depuis longtemps tenté de relever le défi du sens de l’existence de manière originale. La France est ainsi surement l’un des seuls pays qui a eu le culot de proposer une alternative entre trouver son bonheur dans une recherche de pouvoir que procure l’argent (notamment par le désir insatiable de profits et de domination dont l’objectif final est, après la position de monopole) et un bonheur placé dans l’adoration d’un être divin omniscient, omnipotent qui dicte aux hommes les moindres de ses pas. Le modèle français est basé sur une idéologie qui renvoi dos à dos ces deux principes et trouve le bonheur de l’homme dans une émancipation intellectuelle, une qualité de vie appréciable mais somme toute modeste et un désir d’abstraction, d’érudition. Théophile Gautier ne disait-il pas en décrivant son enfance « Tout germait, tout bourgeonnait, tout éclatait à la fois. L’air grisait, on était fou de lyrisme et d’art ». Pas étonnant que ce modèle soit aujourd’hui fortement chahuté, attaqué par les deux grands vainqueurs de l’après guerre froide: l’argent et le divin.

Alors que c’est-il passé ? Dieu était mourant, les masses s’instruisaient, la qualité de vie augmentait, les religions n’étaient plus que des reliquats poussiéreux de la fièvre moyenâgeuse. L’islam prenait conscience du fait que de son retard sur la scène internationale provenait d’une idéologie régressive et voyait enfin émerger des courant réformateurs s’inspirant du mutazilisme (n’en déplaise à la doxa islamique qui voit dans le Coran une révélation « incréée » et auto-justifie sa perfection).

La foi pouvait rester fervente dans le cœur des croyants, mais l’application des textes sacrés n’étaient plus littérale et les gens pouvaient vivre en bon voisinage dans une religion de tradition consistant en échanges conviviaux et invitations au partage. L’application littérale des textes sacrés avait été abandonnée dans l’Europe chrétienne depuis longtemps contribuant à l’envol de la science occidentale grâce à la circulation des idées. Un exemple parmi d’autres: on trouve des femmes enseignant dans les universités même dans les pays les plus attachés au christianisme alors qu’il est pourtant écrit dans le nouveau testament “Que la femme écoute l`instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme : elle doit demeurer dans le silence” 1ère Epître de Timothée /2:11-14. (Sans nul doute, un extrémiste chrétien supposerait qu’il faille couper la langue des femmes).

La voie qu’avait prise la chrétienté, l’islam la prenait grâce à l’indépendance des anciennes colonies qui promettaient l’émergence de nations éclairées. Bref, l’optimisme était de rigueur.

Or aujourd’hui, et depuis trois décennies, on observe un recul à tout point de vue. La pauvreté et l’injustice dans le monde empire et l’obscurantisme religieux comme le symptôme d’un corps malade se répand en une lèpre hideuse.

Je ne donnerai que trois exemples parmi tant d’autres de cet obscurantisme érigé en sagesse religieuse:

– le viol des femmes infidèles issues du butin de guerre ou du territoire d’infidélité est tout à fait légale dans l’islam sunnite. L’imam Malik, dont les ouvrages sont au programme officiel des universités islamiques marocaines « moralise » ses abjections dans son traité de droit « Al-Muwata » (disponible en fnac ou à l’institut du monde arabe).

« inculquez à vos enfants la haine de l’occident »

« Les espagnols occupent l’Andalousie […] L’hostilité dont fait preuve l’Europe contre l’islam et les musulmans traduit une volonté populaire. Elle s’exprime par le vote des citoyens […] Ces mécréants doivent être considérés comme des combattants. Les musulmans sont donc en droit de disposer des biens de l’ennemi, de ses femmes, de son argent et de son âme en toute légalité. Dans le cadre du djihad, il est interdit de tuer les femmes, les enfants et le prêtre dans son église, mais si ce dernier prend part au combat à travers son vote, son argent, ses idées ou toute forme de soutien aux mécréants, il est alors considéré comme un combattant. « 

Attardons nous sur l’Égypte quelques instants pour changer de décors. Où sont donc passées les grandes productions cinématographiques égyptiennes qui faisait de ce pays l’un des phares culturel du monde arabe des années 1950/60 ? Comme le déplore Ahmed Fouad Negmun, grand poète égyptien, la nationalité égyptienne s’est diluée dans la foi à cause d’un gouvernement illégitime, un « gang ». « Il n’y a plus d’égyptiens mais un peuple opprimé ».

Il serait fastidieux et à vrai dire impossible de faire une liste détaillée des raisons qui nous ont amené là, en France, en Egypte, au USA et partout ailleurs. Je donnerai quelques pistes que les plus curieux pourront creuser.

– Les illuminés islamiques qui aujourd’hui passent quotidiennement à la une des médias étaient, au début du siècle dernier, rejetés habituellement comme des cas pathologiques dans toutes les sociétés de tradition musulmanes qu’ils abreuvaient de temps à autre de leurs élucubrations. Si je force un peu le trait, il a tout de même fallu attendre la révolution islamique iranienne en 1979 avec le fou criminel Khomeini (dont la prise de pouvoir reste quelque peu obscure) pour voir émerger dans le monde le premier pôle d’intégrisme islamique dont l’objectif est clairement affichée: la conquête du monde (voir son recueil de pensées philosophiques, édifiant). En dehors de cela, l’intervention de la CIA contribua grandement à sortir les premiers jihadistes de leur grottes en leur procurant armes et formations militaires dans le but de renverser l’Union Soviétique. Ben Laden, comme tout le monde le sait (j’espère) est un produit américain.

– Ce qui est bien connu aussi (du moins de ceux qui ont osé braver la chape de plomb de la version officielle) c’est l’implication des autorités américaines dans les attentats du 11 septembre (je ne vais pas donner ici tous les faits, ils sont éloquents et pléthores, ou peut être juste un: une publication scientifique montre que l’on retrouve des traces d’explosif de qualité militaire dans la poussière récupérée sur ground zéro.) L’objectif ? Le pétrole, mais surtout instaurer un régime basé sur la peur et justifier une surveillance de masse digne d’un état policier de science fiction. Comment y parvenir ? Par la polarisation du monde entre le « bien » et le « mal ». Souvenez vous du « Vous êtes avec nous ou avec les terroristes » Là encore, l’intégrisme est instrumentalisé de manière à définir facilement les choses: où sont les bons et les méchants. Pour réussir, quoi de mieux que de soutenir dans l’ombre les méchants. Quelle fut la conséquence ? La chute du régime despotique irakien consista à faire tomber le seul état laïc arabe qui luttait contre l’intégrisme religieux voisin (malgré sa conversion sur le tard utilisée comme dernière tentative de rallier à sa cause une population de plus en plus pauvre et oppressée – après 10 ans d’embargo – et donc de plus en plus religieuse). Une dictature contre un intégrisme, vous me direz, ça ce vaut. Mais la forfaiture c’est de nous avoir fait comprendre que l’invasion de l’Irak était une assurance contre le terrorisme ! (encore heureusement que la France n’y a pas participé) Évidemment, après le 11 septembre, Israël ne pouvait que jubiler de la situation: le monde occidental allait enfin pleinement partager son combat.

– Israël justement, venons en. Nous savons tous comment discréditer notre interlocuteur, en l’acculant au terrorisme (non pas en l’accusant mais en l’acculant, les fausses accusations tombent vite d’elles mêmes). Le plus doux des animaux coincé contre un mur et face à la menace, sort les crocs. Bien sûr, entre gens bien éduqués (qui ont les moyens de l’être) il y a des choses que l’on ne fait pas. En revanche, combattre le terrorisme c’est justifier de tous les moyens, même les plus barbares. Il faut donc radicaliser les populations pour justifier leur extermination. Ainsi, Charles Enderlin (journaliste français juif correspondant à Jérusalem) signait un article du Monde intitulé (repris par un site pro palestinien): « Quand Israël favorisait le Hamas« , et la première ligne de dire: « Seules quelques Cassandre isolées avaient lancé des mises en garde : la politique israélienne contribue à l’islamisation de la société palestinienne. » C’est ainsi que, par exemple, un mois avant les fameuses élections qui ont portées le Hamas sur le devant de la scène politique palestinienne, Israël s’interrogeait publiquement sur l’opportunité de couper l’électricité de toute la bande de Gaza. Vous voteriez pour un gouvernement à genoux, corrompu et pas même capable de vous assurer l’électricité ? J’aurais probablement voté Hamas aussi…

Ce qui est encore moins connu c’est la collaboration entre l’Iran et les USA pour islamiser les Balkans. Les avions des agences militaires privées américaines ont permis de ramener d’Iran des combattants djihadistes. Une enquête a été demandé par le congrès américain sur la teneur de la collaboration du gouvernement Clinton avec le KLA. Un véto y fut opposé.

– En France, on apprend dans un article du Figaro de 2008 que « Après avoir repéré les leaders des communautés noires et musulmanes, le département d’état leur finance des séjour pour les convertir aux valeurs américaines » Convertir aux valeurs américaines… douce élision d’un enjeu moins honorable, tisser des liens avec ceux qui demain peut être seront à la tête d’enclaves indépendantes en guerre avec l’état français. Je force le ton ? L’histoire nous le dira. Pour engendrer le meilleur, il faut savoir envisager le pire. Et l’ambassadeur américain à Paris, Charles Rikvin de proclamer « Le prochain leader français est en banlieue« . Lui, il le force le ton ?

Pendant ce temps, dans tout le monde développé on observe une chute de la qualité des enseignements, une abrutisation de masse et un renversement des valeurs avec l’apologie de la réussite matérielle sur la réussite personnelle, intellectuelle et spirituelle. Au nom de la liberté on rejette toute forme d’autorité et d’exigence, on met en doute les acquis intellectuels et l’on porte aux nues les mythes moyenâgeux. L’objectif est là: mettre la population mondiale en esclavage par la promotion des idées les plus régressives et imposer la concurrence brutale entre tous les êtres humains (immigration et délocalisations massives).

Détruire les références nationales, diluer les cohésions familiales, amoureuses, amicales, patriotiques (par la pornographie, la publicité, la compétition exacerbée, etc.), amoindrir les solidarités, affaiblir les peuples, faire l’apologie du métissage et mettre à la poubelle des centaines d’années de particularisme culturel pour en faire une bouillabaisse imbuvable. Au final il ne reste plus qu’a proposer la solution la plus simple qui sauve les esprits lessivés, dégoutés, craintifs et apeurés: la solution religieuse.

Tout est lié et la France doit payer pour sa culture éclairée, son art de vivre et sa solidarité instituée. Elle refuse le néolibéralisme et le fascisme religieux ? Elle aura les deux ! Pour y parvenir il faut radicaliser l’islam. Nos politiques y travaillent ardemment et avec succès. D’une part en pointant entre autre du doigt un bout de tissu qui couvre la tête (et créant inutilement une défiance chez les musulmans qui y voit la marque d’une persécution systématique), en envahissant des pays étrangers musulmans (Afghanistan, Irak), en laissant Israël conduire comme il le semble sa politique meurtriere, et d’autre part, en recevant l’équivalent d’une ville comme Tours ou Amiens chaque année en nombre d’immigrés qui viendront tôt ou tard renforcer les rangs des révoltés quand ils se retrouveront au chômage ou discriminés ou auto-discriminés. Tout donc est fait pour scinder la population entre « diversité » et « souchiens ». « Souchiens » dont l’amertume légitime vient d’un pays qu’ils ne reconnaissent plus, qui voient leur hymne sifflé et leur drapeau brulé au pas de leur porte. Comment détruire une nation ? On ne s’y prendrait pas autrement.

A qui profite le crime ? A une oligarchie financière internationale qui utilise les intégrismes comme arme de destruction, comme elle utilise l’immigration (le témoignage d’un iraquien réfugié aux USA est édifiant – et on ne peut pas le taxer de racisme – tandis qu’aujourd’hui 25% des naissances en France sont d’origine immigrée), l’ouverture des frontières, le métissisme utopique, la libre concurrence et l’Europe des ethnies (qui prévoit le démantèlement des nations et dont le Kosovo fut le coup d’essai), autant de moyens pour renforcer un monopole déjà écrasant en annihilant toute contestation possible à son pouvoir. Et n’allez pas me dire que la religion conteste l’exploitation des individus (voir ici et )

(quelques mots clefs en vrac: Bilderberg, Dark Pool, Chambre de Compensation).

Il y a ceux qui pensent que les religions ne font pas de politique, il y a ceux qui pensent que l’économie ne fait pas de politique, et il y a ceux qui voient arriver l’orage imminent en sachant d’où il vient. Certains autres diront qu’au final il n’y aura qu’un gagnant, la religion du fric ou celle de Dieu. Pourquoi un seul gagnant ? Les deux ont été très solidaires jusque là.


Crossblog – Un irakien à Houston

On dit souvent qu’il suffit de regarder outre-atlantique pour avoir une idée de ce que sera notre pays dans 10, 20 ou 30 ans. Les politiques libérales de dumping salarial que l’on applique de plus en plus aujourd’hui en Europe à grand coups de pioche dans le dos, sont appliquées là bas depuis bien plus longtemps. Je vous propose quelques extraits issus du blog « the last-Of-Iraqis » (dans la liste des blogs que je vous invite a explorer sur le coté) où un médecin irakien qui fuit son pays pour les Etats-Unis fait une description de Houston intéressante:

« Voilà environ 18 jours que je suis arrivé à Houston, et pourtant il me semble que cela fait des mois. Aujourd’hui, je me sens en quelque sorte ici chez moi. J’avais vraiment peur du choc culturel, de la réaction des gens, du changement de fuseau horaire, du mal du pays et des terribles conditions que je pourrais rencontrer. Mais, grâce à Dieu, rien de cela jusqu’à présent.

J’ai trouvé que l’Amérique, ou du moins Houston, a un pourcentage très faible d’Américains ! En tout cas de gens qui parlent anglais correctement… Je peux dire que je parle mieux anglais (avec un accent américain) que 70% des personnes que j’ai rencontré ! Où sont les Américains ? N’est-ce qu’un état d’immigrants ? Il est vraiment difficile de communiquer avec des gens qui ne connaissent pas la langue qu’ils devraient savoir parler… J’ai eu moins de difficulté à parler anglais en Turquie qu’à Houston!

[…]

J’ai appris qu’il ne faut pas croire le prix écrit sur les annonces ou dans la publicité… car il y a toujours des taxes cachées.

[…]
Aujourd’hui, je suis allé au centre commercial Galleria Mall dans le centre ville… et là j’ai vu des gens que j’avais l’habitude de voir dans les films et les séries, ce fut une journée très agréable mais la plupart des magasins sont très cher, […] il y avait quelques boutiques avec des prix raisonnables… les gens étaient élégants et propres, pas comme ceux que je croise dans le bus, bon sang, ne peuvent-ils pas se laver !

Une autre chose qui m’a vraiment choqué ce sont les taxes ! Il existe une taxe sur tout, je suis surpris qu’il n’y ait pas de taxe sur la respiration. En Irak, il n’y a rien de tel et cela est vraiment nouveau pour moi. Maintenant j’ai compris l’expression « les contribuables » que j’ai toujours lu et entendu dans les médias.

[…]
J’ai aussi découvert que, sans un numéro de sécurité sociale, vous pouvez respirer mais rien de plus… »


La chute de l’Union Soviétique est pleine d’enseignements…

Petite conversation à Vilnius en Lituanie.

Elle – « Mais nous on n’avait rien, les magasins étaient vides, tu ne peux pas savoir ce que c’était ! »

Moi – « Tu sais, chez nous les médias en ont beaucoup parlé: les goulags, les pénuries, les heures d’attentes avec les tickets de rationnement, etc. Mais de votre coté, il y a une chose que vous ne savez pas, c’est que chez nous tout n’était pas rose ! On vous a montré les magasins de luxe des pays de l’Ouest mais pas les clochards dans nos rues. Vous n’aviez pas grand chose, mais chez nous certains n’ont rien. Mon père a vu pour la première fois une orange à Noël, tandis que ma mère recevait comme cadeau un crayon 4 couleurs. Entre voisins on s’offraient des boites de conserves des fruits et des légumes… En France il y avait des bidonvilles dans les années 60 et 70. Ils ont réapparus depuis la chute de l’Union soviétique… »

Elle –  « On nous a jamais montré l’Ouest comme ça… mais au moins vous pouvez vous exprimer librement ! »

Moi – « Eh bien, ce n’est pas si simple. Vous devez aussi savoir qu’en France, la télévision et la radio était sous monopole de l’Etat jusqu’en… 1981. De « 10000 à 100000 francs d’amende et jusqu’à un an de prison : voilà ce qu’il pouvait en coûter aux jeunes gens téméraires qui tentaient d’émettre sans autorisation de l’État dans les années 1970 ! »

Elle – « Ah mais c’est pas ce qu’on nous a raconté ! »

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Extraits de « Gazeta Wyborcza » traduit dans Courier International du 28 janvier 2010.

En 1989, un jeune reporter installé à Varsovie sent que le pays vit de grands changements. Étonné, il observe la transformation capitaliste de la société polonaise: (livre à lire). Extraits de son journal lors de la chute de l’empire soviétique:

22 Octobre 1989. La radio raconte qu’un gars de Poznan, 33 ans, s’est suicidé parce qu’on l’avait licencié. Il laisse une femme et un enfant de 2 ans. Une fonctionnaire: « même les chômeurs ont peur de prononcer ce mot, ils préfèrent se déclarer « inactifs » ». J’appelle chez moi, mon père me dit  que c’est comme à Katyn: les meilleurs vont payer de leur vie tous ces changements. Un voisin, à Varsovie, dit le contraire. Les faibles vont tomber, comme les feuilles mortes. « Les plus forts restent, la société n’en sera que plus saine. »

15 mars 1990. Hanna Krall [reportrice et écrivaine, à l’époque chef du service reportage à Gazeta Wyborcza] nous dit qu’il y a un sujet pour nous. Le metteur en scène Tikow lui a dit que le directeur d’un hôpital psychiatrique a dû licencier 25 personnes, puis est devenu fou lui-même.

16 mars 1990. Aux toilettes publiques, j’ai acheté de la crème pour le café, ou du lait, peut être. En poudre. La dame pipi en vend – ce sont des petites capsules de couleur marron. Je ne sais pas ce que c’est exactement, je ne comprends pas la langue sur l’emballage – du néerlandais -, mais ça se dissout très bien. Aurius en prend deux, pour sa femme. Il dit qu’en Lituanie on ne trouve du lait que sur ordonnance. « Chez nous personne ne croyait en Lénine. D’ailleurs comment croire en lui si je ne peu acheter une pomme pour mon enfant que deux fois par semaine ? dit-il. Et chez nous se sera comme chez vous ? » rêve t-il. Et pourtant c’est la merde. C’est ce que dit tout le monde, partout. A la télé: les prix ont augmenté de 1360 % par rapport à février l’année dernière !

23 avril 1990. Irena a entendu les propos d’une ouvrière: « J’ai montré à ma fille toutes ces saucisses dans la vitrine. Pour l’instant, ont ne peut que les regarder, mais notre tour viendra aussi. »

1 juillet 1990. Je suis à Zlotoryja. Aujourd’hui, le gaz augmente, comme les timbre-poste et la redevance télé. 50%, 80%, 100%. « Holocauste » dit ma mère.

2 juillet 1990. A la rédaction, PERSONNE ne doute que la chute du communisme a été une bonne chose. Mais une fois dehors, je suis rattrapé par les doutes des autres.

6 septembre 1990. Chez mes parents, j’ai la collection complète de Reporter et de Konstrasty. Deux journaux de reportages. Qu’en reste t-il aujourd’hui ? Il n’y en presque plus d’interviews avec des professeurs sur la démocratie, la transformation, l’inflation. Les seuls reportages parlent de la réincarnation, des sectes et des assassinats.

21 septembre 1990. Hanna Madra [de Gazeta Wyborcza] me transmet une lettre d’une employée de l’Académie des sciences. L’institutrice de sa fille a séparé les enfants en deux groupes, ceux « du bon Dieu » et ceux qui ne le sont pas. Elle a dit à deux enfants de 9 ans qu’ils ne sont pas des « enfants du bon Dieu » parce qu’ils ne suivent pas le catéchisme. « Allez demander au prêtre de vous accepter à son cours, vous, les enfants du péché. Sinon, vous allez attraper une maladie grave. »

3 octobre 1990. Lidka Ostalowska [journaliste à Gazeta Wyborcza] a vu un grand graffiti en province: « Communisme, reviens ! » A vrai dire, je me suis senti bizarre. Comme si c’était la pire nouvelle de l’année. Comme une claque. « Le tabou est tombé« , dit Lidka (elle a des phrases qui tuent) « Le tabou est tombé« , répète-t-elle. Et elle ne dit plus rien.

9 janvier 1992. Je vais à Mlawa. J’ai regardé les vieux numéros de Gazeta Wyborcza sur le pogrom survenu il y a six mois. Un jeune tzigane a provoqué un accident de voiture, tuant un jeune homme, sa fiancée est handicapée à vie. Les gens ont détruit 17 maisons tziganes et vandalisé on ne sait pas combien d’appartements. Les destructions se sont poursuivies sur deux jours. Vingt et un polonais sont en prison. Mlawa est devenu un slogan. Symbole des pires choses de cette nation.

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Aujourd’hui ? « Comment les pauvres peuvent devenir plus pauvres sans protester » publie Reuters le 9 février 2010 au sujet de la Lituanie.

La solution proposée est bien connue et depuis longtemps éprouvée: brader la souveraineté nationale au FMI (et à l’Europe) qui dicte les impératifs budgétaires. Les trois états Baltes mettent leur population dans le presse citron en obéissant aux instances internationales. Ils laissent ainsi leur peuple dans les bras de la charité religieuse comme de plus en plus de pays appauvris:

« Jusqu’à présent, les personnes des anciens États soviétiques ont été rigoureusement stoïques, à part une explosion isolée de protestation en Lettonie en Janvier 2009. De nombreux Baltes émigrent pour chercher du travail ou restent finir leur jours tranquillement à la maison, donc ceux qui restent ont tendance à se rappeler l’époque soviétique quand ils ont fait la queue pour rien. »

« Moody’s [l’agence de notation] a dit le Février 4, qu’augmentait le risque lituanien de placement obligataire et baisse sa notation au grade BBB« .

« La Lettonie a dû faire des coupes dans ses dépenses pour garantir un renflouement de 7,5 milliards d’euros provenant du Fonds monétaire international et l’UE. »

«  »Nous ne serions pas en mesure de survivre physiquement sans ces paquets de produits alimentaires« , dit Garniene, une mère lituanienne de l’aide qu’elle reçoit du secours catholique Caritas. »

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Ne manquez pas la sortie du Film (mars 2010) issue du Best-seller de Naomi Klein « La Stratégie du Choc » (le mieux c’est encore de le lire) ou comment l’assujettissement économique des masses est réalisé grâce à instrumentalisation des situations d’urgences (attentats terroristes, raz de marrée, etc…) depuis les dernières 40 ans à travers le monde (Russie, Pologne, Irak, Afrique du Sud, Chili, Bolivie…) par une oligarchie financière qui transfère ses fonds aux plus obéissants et les retire aux autres. Le film sera présenté au Festival du film de Sundace.


Emeute à Woippy… quand je vomis la France

Avant d’aller plus loin, jetez un œil à cette vidéo.

Et s’il s’agissait de mon fils ?

Si j’avais un fils, je serais inquiet de le savoir rouler feux éteints, sans casque, à trois sur un scooter… et si j’apprenais qu’il était voleur…

Évidemment, je l’aurais prévenu, maintes fois, de rouler avec un casque. Je lui aurais sorti le couplet de la responsabilité, du bon sens. Je lui aurais aussi dit qu’il n’est pas tout seul, qu’il vit en société. Je lui aurait dit qu’il doit penser à ceux qui l’aime et qui souffrirait de le savoir blessé ou mort. Je lui aurait dit de ne pas jouer les cowboys, que la tête c’est fragile, qu’un accident est vite arrivé.

Si mon fils était mort pour avoir roulé sans feux et sans casque et alors qu’il fuyait à trois sur un scooter, je lui en aurait voulu, j’aurais eu honte et je me serais senti coupable. Parce que nous sommes responsables en premier lieu de nos propres actes et ensuite sont moralement responsables ceux qui nous ont enseigné ce qui est juste et ce qui ne l’est pas.

Bien sûr, la perte d’un être cher est toujours un drame pour la famille endeuillée. Toute souffrance est respectable en soit et j’espère qu’ils sauront trouver dans leurs amis et relations le soutien nécessaire pour supporter leur peine.

Qu’entend on dans cette vidéo ?

La tante: « [La police] y connaissent leur identité, y savent où y habitent […] Y a eu une enquête baclée: y a eu des témoignages que c’était la police municipale qui le suivait. »

Elle reproche donc à la police d’avoir suivit les jeunes tout en laissant entendre qu’ils auraient mieux fait de se rendre là où ils habitent pour les trouver et éviter ainsi la course poursuite.

Allons jusqu’au bout de ce raisonnement aussi absurde qu’il puisse être: Je roule, à trois sur un scooter, sans casque, tous feux éteints. Je croise une patrouille de police. Pas de soucis, je leur fait un petit signe de la main: ils savent où j’habite. « Ah c’est toi, me disent-ils, on se retrouve chez toi tout à l’heure alors. Vas-y tu peux continuer à mettre en danger ta propre vie et celle des autres usagers de la route, a plus« . Bien sûr, ils ne me suivent pas pour éviter que je me sente oppressé.

Étrange conception.

Pourquoi chercher ailleurs un coupable ? La mort de ce jeune est la conséquence de son comportement suicidaire (roulant en sens interdit… ), comment peut on même nier l’évidence ?

Quel message est envoyé à la République ?

« Au moins 4 voitures et un autobus a été incendié, une école et des cabines téléphonique saccagées. »

« Ils se sont regroupés, ont attaqué l’hôtel de police […] pour systématiquement attaquer ou casser. »

C’est là que je vomis ce que deviens la France, parce que le message est clair: réfléchissez y à deux fois la prochaine fois avant de vouloir faire appliquer la loi.

La conséquence directe est une escalade évidente de l’impunité et de la violence – impunité et violence civile et policière – engendrant entre autre exemples le suicide dans les rangs de la police:

« On a beaucoup parlé des suicides à France Télécom, mais le taux de suicide dans la police y est deux fois plus important »

ou encore l’émigration:

« Près de 2,4 millions de Français sont aujourd’hui… expatriés. Un phénomène non négligeable qui s’accélère. L’augmentation au cours des douze dernières années est même de 4% par an. »

La place de la figure autoritaire ne reste jamais vacante bien longtemps. Les zones où sévit le retrait des institutions étatiques trouveront et trouvent déjà de nouvelles autorités (mafias et mouvements religieux).

Trois siècle av. J.C. Platon nous apporte un éclairage précieux:

« Lorsqu’un peuple assoiffé de liberté se trouve des échansons qui lui en verse autant qu’il souhaite, jusqu’à l’enivrer, il arrive qu’on appelle des despotes les gouvernements empressés de satisfaire les exigences de leurs sujets toujours plus exigeants. Il arrive que celui qui se montre discipliné soit décrit en terme d’homme sans caractère et de serviteur. Il arrive que le père effrayé finisse par traité ses fils comme des pairs et qu’il ne soit plus respecté, que le maître n’ose plus réprimander ses élèves et qu’ils se moquent de lui, que les jeunes revendiquent les mêmes droits que les vieux, et que les vieux acceptent de les leur accorder pour ne pas paraître trop sévères. Sous un tel climat de liberté, au nom de celle-ci, il n’y a plus de respect ni d’égard pour personne. Et au sein de cette licence pousse et se développe une mauvaise herbe: la tyrannie« . République – livre VIII.

Il est aussi à noter que Platon remarque judicieusement que la plupart des tyrans attribuent un caractère divin à leur pouvoir. Lorsque l’on confond liberté et licence, qu’il n’y a plus aucun respect pour l’autorité, c’est le désordre total. Face à ce désordre, les tensions s’exacerbent et la moindre tentative pour restaurer l’ordre est ressentie comme insupportable. Parallèlement, un tel climat d’insécurité impose à la population de chercher un chef qui leur promette le retour à l’ordre. Et ORDRE devient le mot à la mode sur les lèvres de tous les démagogues. « Méfiez-vous de celui qui vient mettre de l’ordre » disait Diderot. Ce nouveau sauveur endossera sa mission à condition d’avoir tous les pouvoirs. C’est le tyran.

Nos gouvernants connaissent bien ces théories. Ils ne l’emploient pas tant qu’ils se soucient du bien être de la population et non leur propre intérêt. Est-ce toujours valable alors que la société de consommation – qu’ils subissent au moins autant que nous – incite chaque jour davantage à l’égoïsme ? La position du tyran est la seule qui puisse véritablement assouvir leur soif de pouvoir et nous y allons tout droit. Ou l’alternative: une guerre entre tyrans locaux, potentats régionaux, une sorte de guerre des gangs que rend possible un État moribond, qui se désengage. Le plus drôle, ou le plus triste, c’est que ceux qui prétendent « lutter contre le système » et incendient voitures et édifices, en sont, au contraire, les promoteurs. Si demain nous vivons dans un état policier, nous pourrons, en partie, les en remercier.