LE BLOG QUI EN A RAS LE CUL – «Un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur" De Gaulle

Emeute à Woippy… quand je vomis la France

Avant d’aller plus loin, jetez un œil à cette vidéo.

Et s’il s’agissait de mon fils ?

Si j’avais un fils, je serais inquiet de le savoir rouler feux éteints, sans casque, à trois sur un scooter… et si j’apprenais qu’il était voleur…

Évidemment, je l’aurais prévenu, maintes fois, de rouler avec un casque. Je lui aurais sorti le couplet de la responsabilité, du bon sens. Je lui aurais aussi dit qu’il n’est pas tout seul, qu’il vit en société. Je lui aurait dit qu’il doit penser à ceux qui l’aime et qui souffrirait de le savoir blessé ou mort. Je lui aurait dit de ne pas jouer les cowboys, que la tête c’est fragile, qu’un accident est vite arrivé.

Si mon fils était mort pour avoir roulé sans feux et sans casque et alors qu’il fuyait à trois sur un scooter, je lui en aurait voulu, j’aurais eu honte et je me serais senti coupable. Parce que nous sommes responsables en premier lieu de nos propres actes et ensuite sont moralement responsables ceux qui nous ont enseigné ce qui est juste et ce qui ne l’est pas.

Bien sûr, la perte d’un être cher est toujours un drame pour la famille endeuillée. Toute souffrance est respectable en soit et j’espère qu’ils sauront trouver dans leurs amis et relations le soutien nécessaire pour supporter leur peine.

Qu’entend on dans cette vidéo ?

La tante: « [La police] y connaissent leur identité, y savent où y habitent […] Y a eu une enquête baclée: y a eu des témoignages que c’était la police municipale qui le suivait. »

Elle reproche donc à la police d’avoir suivit les jeunes tout en laissant entendre qu’ils auraient mieux fait de se rendre là où ils habitent pour les trouver et éviter ainsi la course poursuite.

Allons jusqu’au bout de ce raisonnement aussi absurde qu’il puisse être: Je roule, à trois sur un scooter, sans casque, tous feux éteints. Je croise une patrouille de police. Pas de soucis, je leur fait un petit signe de la main: ils savent où j’habite. « Ah c’est toi, me disent-ils, on se retrouve chez toi tout à l’heure alors. Vas-y tu peux continuer à mettre en danger ta propre vie et celle des autres usagers de la route, a plus« . Bien sûr, ils ne me suivent pas pour éviter que je me sente oppressé.

Étrange conception.

Pourquoi chercher ailleurs un coupable ? La mort de ce jeune est la conséquence de son comportement suicidaire (roulant en sens interdit… ), comment peut on même nier l’évidence ?

Quel message est envoyé à la République ?

« Au moins 4 voitures et un autobus a été incendié, une école et des cabines téléphonique saccagées. »

« Ils se sont regroupés, ont attaqué l’hôtel de police […] pour systématiquement attaquer ou casser. »

C’est là que je vomis ce que deviens la France, parce que le message est clair: réfléchissez y à deux fois la prochaine fois avant de vouloir faire appliquer la loi.

La conséquence directe est une escalade évidente de l’impunité et de la violence – impunité et violence civile et policière – engendrant entre autre exemples le suicide dans les rangs de la police:

« On a beaucoup parlé des suicides à France Télécom, mais le taux de suicide dans la police y est deux fois plus important »

ou encore l’émigration:

« Près de 2,4 millions de Français sont aujourd’hui… expatriés. Un phénomène non négligeable qui s’accélère. L’augmentation au cours des douze dernières années est même de 4% par an. »

La place de la figure autoritaire ne reste jamais vacante bien longtemps. Les zones où sévit le retrait des institutions étatiques trouveront et trouvent déjà de nouvelles autorités (mafias et mouvements religieux).

Trois siècle av. J.C. Platon nous apporte un éclairage précieux:

« Lorsqu’un peuple assoiffé de liberté se trouve des échansons qui lui en verse autant qu’il souhaite, jusqu’à l’enivrer, il arrive qu’on appelle des despotes les gouvernements empressés de satisfaire les exigences de leurs sujets toujours plus exigeants. Il arrive que celui qui se montre discipliné soit décrit en terme d’homme sans caractère et de serviteur. Il arrive que le père effrayé finisse par traité ses fils comme des pairs et qu’il ne soit plus respecté, que le maître n’ose plus réprimander ses élèves et qu’ils se moquent de lui, que les jeunes revendiquent les mêmes droits que les vieux, et que les vieux acceptent de les leur accorder pour ne pas paraître trop sévères. Sous un tel climat de liberté, au nom de celle-ci, il n’y a plus de respect ni d’égard pour personne. Et au sein de cette licence pousse et se développe une mauvaise herbe: la tyrannie« . République – livre VIII.

Il est aussi à noter que Platon remarque judicieusement que la plupart des tyrans attribuent un caractère divin à leur pouvoir. Lorsque l’on confond liberté et licence, qu’il n’y a plus aucun respect pour l’autorité, c’est le désordre total. Face à ce désordre, les tensions s’exacerbent et la moindre tentative pour restaurer l’ordre est ressentie comme insupportable. Parallèlement, un tel climat d’insécurité impose à la population de chercher un chef qui leur promette le retour à l’ordre. Et ORDRE devient le mot à la mode sur les lèvres de tous les démagogues. « Méfiez-vous de celui qui vient mettre de l’ordre » disait Diderot. Ce nouveau sauveur endossera sa mission à condition d’avoir tous les pouvoirs. C’est le tyran.

Nos gouvernants connaissent bien ces théories. Ils ne l’emploient pas tant qu’ils se soucient du bien être de la population et non leur propre intérêt. Est-ce toujours valable alors que la société de consommation – qu’ils subissent au moins autant que nous – incite chaque jour davantage à l’égoïsme ? La position du tyran est la seule qui puisse véritablement assouvir leur soif de pouvoir et nous y allons tout droit. Ou l’alternative: une guerre entre tyrans locaux, potentats régionaux, une sorte de guerre des gangs que rend possible un État moribond, qui se désengage. Le plus drôle, ou le plus triste, c’est que ceux qui prétendent « lutter contre le système » et incendient voitures et édifices, en sont, au contraire, les promoteurs. Si demain nous vivons dans un état policier, nous pourrons, en partie, les en remercier.


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3 Réponses

  1. Marie-Laure

    Tu m’inspire Manu!

    janvier 21, 2010 à 1:20

    • hanoho

      🙂 Merci Marie

      janvier 21, 2010 à 1:31

  2. hanoho

    Extraits de la lettre du maire de Woippy, François Grosdidier :

    « Après un cortège qui s’est déroulé dans la dignité, une fraction seulement des participants ont rejoint d’autres jeunes pour marcher sur l’hôtel de police. Ils ont été rejoints par des voyous de Woippy et d’ailleurs.

    S’attaquant à l’hôtel de police, ils ont été repoussés par des gendarmes mobiles et des CRS. Ils ont mis un certain temps à intervenir parce qu’ils étaient postés à l’extérieur du quartier pour qu’en aucun cas on puisse parler de provocation et qu’on ne puisse en aucun cas dire que c’est la présence de la police qui avait entraîné la réaction des jeunes.

    Repoussé par les forces de l’ordre, cet attroupement s’est divisé en plusieurs groupes. C’était une action organisée, pas un mouvement spontané. Les groupes ont coupé l’éclairage public à St Eloy puis au Quartier du Roi. Dans une parfaite organisation, des voitures et des cuisinières ont été mises en travers des rues de St Eloy pour empêcher l’accès par les forces de l’ordre et les pompiers.

    Ils ont incendié des voitures et saccagé l’école de la 2ème chance. Tout un symbole ! J’ai voulu et créé cette école pour donner une nouvelle chance de formation et d’emploi à tous les jeunes sortis de l’école sans qualification. Un autre groupe a incendié un bus place Jean Perrin. D’autres groupes sont allés au Quartier du Roi, incendiant des voitures et, de l’autre côté de la rue de Ladonchamps, des camions de la DDE. »

    janvier 26, 2010 à 5:59

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